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5, Voir le développement des idées rotatives au mythe de l'arbre céleste dans le (ravail de M. Batidry. cité plus liaut, p. 374 et suiv.
au moins d'expliquer la naissance de ces génies dans l'imagination populaire. C'est ce que nous essaierons de faire, en suivant une méthode contraire à celle de l'auteur de VAglaophamus^ c'est à-dire en cherchant à concilier les textes, au lieu de les opposer les uns aux autres ^
Sur la généalogie des Cabircs, les témoignages antiques varient peu. Phérécydès, le philosophe théologien, et Hérodote s'accordent à nous dire qu'ils sont les fils d'Héphsestos. Le premier ajoute qu'ils ont eu pour mère Cabeirè, fille de Prêtée '. Les îles de Lemnos, d'Imbros et de Samothrace leur étant spécialement consacrées, nous voyons par là que les croyances des habitants de cette région leur attribuaient un rapport d'origine, à la fois avec la mer que personnifie Protée, et avec le feu volcanique dont Héphsestos est la divinité principale. Une tradition relative à l'institution de leurs mystères en Béolie donnait à Pun d'eui le nom de Prométhée et à son fils le nom, non moins expressif, d'iËtnaeos '. Ces premiers indices nous permettent déjà d'entrevoir dans les Cabires d^anciens génies des volcans de la mer deThrace, qui, au moment où la religion d'Héphœstos devint prépondérente à Lemnos, se subordonnèrent à lui et furent considérés comme ses fils, à peu près de même que les Palices siciliens étaient les enfants du dieu du feu et de la nymphe océanide iEtna ^.
L'étymologie la plus vraisemblable de leur nom nous fait remonter à la même idée. On a souvent prétendu y reconnaître le mot sémitique Kabiriniy qui aurait le sens de (jieYiXot, BuvaxcC, épithètes ordinaires des Cabires ^. Cette explication a sans doute pour origine le rapprochement fait par Hérodote entre les images des Cabires qu'il avait vues à Memphis et celles des dieux-nains qui décoraient les proues des navires phéniciens^. Mais ces dieux-nains étaient en Phénicie des dieux protecteurs de la navigation, caractère qui n'a appartenu qu'assez tard aux Cabires, et rien ne prouve que leur culte ait été importé à Lemnos et à Samothrace. H nous parait plus probable que le nom des Cabires a une origine grecque : avec Welcker et avec M. Maury, nous inclinons
1. Sui les Cabircs, voir surtout : AVeIcker, Die /Eêchyliêche Trilogie und die Kabirett" weihesu Lemnoê, p. 160 fqc|. Lobcck, Aglaopkamus, p. 1202-1281. RoMigool, le$ Métaux dan$ Pantiquitë, chap. II.
2. Strab., X, p. 472; llerod., III, 37. Une autre généalogie, moins répandue (Schol. Apollon., I, 917) en fait des fils de Zeus eld'Electra (la brillante, la flamme?).