GÉNIES DU FBU. — LES CA81RES. 99S
à le fbire dériver de xxiia, brûler. LesCabires seraient doac «ceux qui brûlent » ; les mauvais génies qui, du fond de la mer où ils ont pris naissance, lancent la flamme de leur père Iléphtestos, qui consument le sol des îles en j répandantdes torrents de lave ; dienx puissants, dieux redoutables dont la religion fut toujours accompagnée de terreur. On racontait qu'après la prise de Thèbes par Alexandre, quelques soldats macédoniens, ayant osé pénétrer dans leur sanctuaire, y furent tous aveuglés par des éclairs et frappés de la foudre. Les soldats de Mardonius avaient eu autrefois un sort analogue '.
Ces génies volcaniques, dont le culte a été apporté de la Phrygie, probablement de la Phrygie brûlée ', en Troade et dans les Iles de Thrace, se groupaient à Lemnos autour d'Iléphtcstos dont le sanctuaire était voisin du leur. Là, ils paraissent avoir joué le rôle qui, en Sicile, est assigné aux Cyclopes. Ils sont, dit Nonnos, les habitants • puissants par le feu » de la Samotbrace ; ce sont eux que la nymphe thrace Cabeiro a enfantés de son union avec le forgeron céleste : Alkon, Ëurymédon, savants dans l'art de la forge'. » A Thessalonique, ils avaient codservé ce caractère : sur les monnaies de cette ville nous voyons un Cabire, qui tient à la main ou qui x^^^^'^^'^ porte sur t'épaule un marteau, signe dislinctif de sa // v^^ ^A profession (fig. 85|. : *TM *°D
Un autre caractère des Cabires^ en les rapprochant Wg iju .^ de Prométhéc, achève de les rattacher au cycle des x^'^sgsy divinitén du feu. Pindare, dans un passage qui noua a Rg. gj, unCabir*. été conservé par l'auteur des Pkilosopkoumena, cite « le Cabire né de la sainte Lemnos m parmi les personnages qui étaient considérés, dans les difTérents cantons de la Grèce, comme les ancêtres du genre humain ; il le place à côté des Curetés crétois, des Corybantes phrygiens, du géant Alcyoneus, de l'Arcadien autochthone Pélasgos etc. *. Comme Prométhée, le Cabire dont parle Pindare était donc, dans les traditions de Lemnos, le type de l'homme primitif, né du sein de la terre. De là à faire de lui, comme du Titan, un être générateur, il n'y avait pas loin. Nous savons, en effet, qu'un des personnages des mystères de Samotbrace, qui portait le nom d^Adamoê, y était représenté comme l'homme archétype, comme le premier mâle dans l'ordre .de la génération '. C'est au même ordre d'idées que se rap-