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256 MYTHOLOGIE DE LA GHËCE Ar<TIQUE.

porte sans doute l'attitude ithyphallique de deux des Cabires de Samothrace, et, d'une façon générale, les rites et les symboles de la religion de ce sanctuaire, laquelle paraît avoir eu surtout pour objet l'expression de certaines idées cosmogoniques où Tacte mystérieux de la génération jouait le rôle principal ^

Considérés dans leur nature essentielle, les Cabires volcaniques, qui exercent leur action des profondeurs de Tocéan ou des entrailles de la terre, devaient être des génies chthoniens : les métaux d'ailleurs qui ne se travaillent qu'au moyen du feu, les métaux que les Cabires passaient pour avoir mis en œuvre les premiers, n'étaient-ils pas des productions du sol non moins merveilleuses que le blé présent de Dèmèter, que la végétation printanière due à Perséphone, que la vigne, don de Dionysos •? L'idée du feu caché sous l'écorce terrestre et de la profonde retraite où les métaux se dérobent aux regards de l'homme devait faire attribuer à la religion des Cabires un caractère mystérieux qui lui est commun avec celle des grandes divinités chthonienues, et l'on conçoit que, dans le sanctuaire de Samothrace ', ils aient pu être associés à ces divinités ou même confondus avec elles. Une indiscrétion de Mnaséas* nous a révélé les noms mystiques de trois des Cabires de Samothrace : Axieros^ Axiokersa^ Axiokersos, qui auraient été, d'après lui, identiques à Démèter, Perséphone et Hadès. Un quatrième personnage qui portait le nom de Cadmos ou Casmilos était identifié avec Hermès, sans doute avec l'Hermès ithyphallique dont parle Hérodote, que les Athéniens avaient reçu des Pélasges et qui était à Samothrace l'objet d'une légende sacrée dont on donnait l'explication dans les mystères '^. Un tel syncrétisme doit, il est vrai, nous inspirer quelque défiance, et il est impossible d'admettre que les Cabires n'aient été autre chose, sous des noms différents, que les grandes divinités du monde d'en bas. Cette confusion ne remonte certainement pas à une haute antiquité ; mais elle nous montre le lien qui unissait les génies volcaniques et

i. Voir Maury, Helig. de la Grèce^ l. U, p. 310.

2. A Lcninos, les Cabires élaient, en nièuic temps ipic des forgerons souterrnios, de bienfaisants génies, protecteurs de la vi^çne cjiii croit sur les terrains volcaniques de l'ile. Dans un drame qui portail leur nom, Eschyle les avait représentés apportant aux Argonautes, qui avaient abordé à Lenmos. une provision d'excellent vin (Plut., Synip., II, 1 ; PoUux, YI, 25 ; Bekker, Anecd., p. 115).

3. On célébrait également des mystères cabiriques en Messénie. Sur l'organisation de ces mystères, voir la grande inscription d'Andania, publiée d'abord par M. Koumanoudis, étudiée ensuite par Sauppe {Die Mytterieninschrift aus Atulania, 1860) et par Conze et Michaelis {BulL lust. archeol.y 1861, p. 52, s(|q). Voir surtout le texte et le commentaire de cette inscription par M. Foucart, dans le Voyage archéologique de Le Bas, section V, Messénie; vi,Audania, p. 161 sqq.

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