rind., Fra(/ni., ap. Bergk., Lyr. Gr., Hl, p
térieur du continent, les premiers hommes étaient considérés comme les enfants de la terre. La croyance à Vautochthonie^ qui flattait l'amourpropre de la race hellénique, était répandue dans presque tous les cantons de la Grèce. En Attique, Erechtée avait été enfanté par a le sol nourricier ^ En Arcadie « la Terre noire avait donné le jour à Pélasgos sur les hautes montagnes couronnées de forêts » '. Le souvenir de la première vie sauvage de l'humanité au sein des cavernes qui lui servaient de retraites s'était conservé dans l'antique tradition qui faisait naître l'homme des rochers', c'est-à-dire des ossements du vaste corps de la terre : ces rochers ou ces pierres, entre les mains deDeucalion et de Pyrrha, susciteront une nouvelle race destinée à remplacer celle que le déluge aura anéantie. Suivant d'autres idées, l'homme ne devait pas son origine à un élément unique : l'eau et la terre avaient concouru à la formation de son corps, qui avait germé du sol à la façon d'une plante ou d'une pousse d'arbre *. Cette assimilation de la vie humaine à la vie végétative s'exprime encore dans les légendes où l'on voit l'écorce des hêtres et le tronc des chênes éclater pour livrer passage aux premiers hommes^, ou toute une génération pousser, comme le blé, dans les sillons d'un champ labouré, ensemencé des dents d'un dragon *.
D'autres traditions, d'un caractère différent, font dépendre la naissance de l'homme, non plus de la fécondité de la nature, mais de la volonté des dieux. Les immortels, dit Hésiode, ont fait (èxs'Vav) la race de l'âge d'or et celle de l'âge d'argent ; Jupiter a fait la génération d'airain, celle des héros, celle de l'âge de fer. Il s'agit moins ici, il est vrai, d'une création, dans le sens attribué à ce mot parla théologie chrétienne, que d'une œuvre de formation et de renouvellement. Bien que le poète ne s'explique pas à ce sujet, c'est à la matière sans doute que les dieux ont emprunté les éléments qui leur ont servi à façonner les premiers humains, comme nous le voyons dans le mythe de Pandore. — Sur l'ordre de Jupiter, Iléphaestos emploie une argile détrempée d'eau pour modeler le corps de la première femme : il donne ensuite à cette statue a la voix, la force vitale, la figure des déesses immortelles,