‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 249 sur 550 · JVcw., VI · texte numérisé non relu

JVcw., VI

6é Theogon.,^b, Mècoiie est raiicieii nom deSicyone.

compagnons et leurs frères. La plupart des héros éponymes sont appelés, il est vrai, c( fils des dieux». Mais cette qualification n'implique nullement que les dieux aient créé Thomme. Aucun héros, d'après la croyance grecque, n^ayant eu à la fois deux parents divins, les dieux n'auraient pu donner le jour à des enfants mortels, si le genre humain ' n'avait déjà existé. Tous les hommes ne descendent donc pas des dieux : quelques-uns d'entre eux seulement font remonter leur origine à un père immortel ou à une mère céleste : ce sont les princes et les rois, les chefs de peuples à qui appartient le pouvoir, tandis que la foule du vulgaire est née de la terre, du chêne ou du rocher ^

L'histoire mythologique des commencements de l'humanité est remplie par un grand événement dont la tradition s'est perpétuée chez tous les peuples de race indo-européenne et de race sémitique. Cet événement est un déluge, qui aurait presque entièrement anéanti les premiers humains. Il serait difficile de jdire si cette tradition correspond à une réalité ou si elle n'a qu'un caractère mythique '• Dans le Rig- Véda, le grand cataclysme primitif semble se confondre avec les phénomènes ordinaires de Torage et des pluies torrentielles qui en sont la suite. Le dieu du ciel y est représenté frappant de sa foudre les noires demeures où sont enfermés les Asouras, déchirant les nuées et inondant la terre des eaux qu'elles contenaient. Mais déjà, dans le mazdéisme, le mythe védique s'est transformé en un fait historique. D'après le Zend-Avesta, Taschter et les Izeds firent tomber une pluie si abondante sur la terre qu'elle fut recouverte jusqu'à hauteur d'homme, et que tous les êtres méchants trouvèrent la mort^. Les eaux ont donc été envoyées par les dieux pour châtier les forfaits des hommes : idée morale qui est absente de la légende chaldéenne de Xixouthros, mais qui se retrouve dans la Bible et dans la plupart des récits du déluge. Ces récits s'accordent en même temps à nous montrer un petit nombre d'hommes échappés au cataclysme, ou un simple couple qui, merveilleusement sauvé par la protection divine, devient la souche d'une race nouvelle.

La tradition hellénique du déluge dérive vraisemblablement des traditions asiatiques ; mais elle devait naturellement se localiser dans des régions telles que la Thessalie dont la vaste plaine a été jadis couverte par les eaux, ou la Béotie dont le bassin est souvent inondé par les débordements du lac Copaïs.

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