Paus.. IX, 38, V
mot, il avait été conduit par les cris des grues ^ À Delphes, plusieurs habitants avaient été sauvés, en suivant les hurlements des loups qui les menèrent sur les hautes pentes du Parnasse, où ils fondèrent plus tard la ville de Lycoreia *. Mais le mythe de Deucalion et de Pyrrha, partout répandu, dominait toutes- ces traditions locales. Â Tépoque de Plutarque et à celle de Lucien, il devait s'enrichir encore de nouveaux détails empruntés aux traditions de TÂsie et qui rappellent souvent le récit biblique'.
L'influence de l'Asie sur la mythologie hellénique s'aperçoit encore dans le Mythe des âgeSj qui correspond à celui des 4 Yougas chez les Indous. Tandis que la tradition suivie par Eschyle dans son Prométhée représente Tétat primitif de l'humanité comme un état sauvage et misérable, le mythe développé par Hésiode suppose au contraire que le bien-être absolu et le bonheur parfait ont été le partage des premiers hommes. L'origine de ce mythe s'explique aisément \ Ecrasés par les misères de la vie présente, aspirant sans cesse à la félicité sans jamais l'atteindre, les hommes étaient portés à voir dans ce désir incurable le souvenir et comme le rêve persistant d'un passé meilleur; ils devaient s'imaginer que leur état malheureux était le résultat d*une déchéance. Les générations successivement détruites et remplacées par d'autres sans aucune période de transition sont caractérisées en Grèce par les noms des métaux, qui expriment leur valeur toujours décroissante. L'or, le plus brillant et le plus précieux de tous, symbole de l'éclat et de la joie de la vie, sert à qualifier la première race humaine. Les hommes de Tàge d'or, contemporains du règne de Cronos, « vivaient comme des dieux, le cœur exempt de soucis, étrangers aux fatigues et à la douleur. La triste vieillesse ne venait point les visiter ; ils conservaient toujours la vigueur de leurs pieds et de leurs mains. Ils goûtaient la joie des festins a l'abri de tous les maux ; ils mouraient comme vaincus par le sommeil. Tous les biens étaient à eux. La terre féconde leur offrait d'elle-même des fruits en quantité dont ils jouissaient paisiblement, au sein de l'abondance et de la félicité'. » Quand celte première race eut disparu, Jupiter en Ht des génies bienfaisants, des espèces d'anges gardiens qui errent à la surface de la terre, enveloppés de nuages, qui veillent sur les mortels dont ils observent les actions justes ou criminelles et dont ils récompensent Icê; vertus.
i. Paus., I, 40, 1.
5. Plut., De solcrt. anim., XIII, p. 969, a. Luc, De dea Syria, 12.