lliad., VI, 420. Ofhjss., VI
pénètrent dans son sein, s'y accumulent, et s'y fraient des routes secrètes pour reparaître à sa surface sous la forme de sources jaillissantes. Le rapport des Nymphes avec les pluies est encore attesté par un curieux usage religieux que Pausanias trouva en vigueur en Arcadie, au pied du mont Lycée. Dans les temps de sécheresse, le prêtre de Jupiter Lycien allait auprès de la fontaine Hagno, dont il se rendait la nymphe favorable par des sacrifices et par des prières. Il jetait ensuite une branche de chêne à la surface de la source. Bientôt on voyait Teau s'agiter, bouillonner ; il s'en élevait des vapeurs qui montaient vers le ciel et formaient un nuage; ce nuage en attirait d'autres et la pluie ne tardait pas à arroser les terres desséchées des Arcadiens^ Une cérémonie analogue, faite à la même intention, avait encore lieu au commencement de ce siècle en Bretagne et dans le pays de Galles', où les fées des sources et des lacs possédaient le même pouvoir que l'Hagno arcadienne. Comme les fées*, les Nymphes helléniques semblent donc avoir leur plus ancien type dans les Apsaras du Yéda, les divinités «qui se meuvent dans les eaux » *, celles qui habitent les nuages mobiles dont elles personnifient l'humidité et l'action fécondante. Mais, en Grèce, les Nymphes ont quitté les demeures célestes où elles sont nées pour résider désormais sur la terre : elles habitent « les forêts magnifiques et les sources des fleuves et les prairies au gazon verdoyant*. » Leur vie divine est celle des eaux au cours éternel, celle de la sève humide qui ne cesse d'animer les arbres, les plantes, toute la végétation terrestre.
Au début du vingtième chant de VIliadey quand Jupiter a convoqué les divinités en assemblée solennelle, tous les Fleuves, sauf l'Océan» sont présents; toutes les Nymphes sont accourues. Appelées à l'honneur de siéger dans l'Olympe à côté des grands dieux, les Nymphes occupaient donc, dès les temps homériques, une place importante dans les croyances populaires. Ulysse est déposé par les Phéaciens sur le rivage d'Ithaque, non loin de leur sanctuaire. « Là est une grotte délicieuse, séjour sombre et sacré des Nymphes qu'on appelle Naïades. Dans cet asile sont renfermés des cratères et des amphores de pierre. Les abeilles y déposent leur miel, et sur de grands métiers de roche les Nymphes tissent des voiles de pourpre, merveilleux à voir. De cet antre s'échappe une eau intarissable*. » Peu nous importe que ce sanctuaire, comme