Uiad., XI, 27 ; XVII, 547; XXIII
II. Voir, entre autres passa«jes, Iliad., VIU, 75(); Xl>i, 86-90. Odyss., IV, 256 ; XIV, 440* 12. Les prêtresses du vieux sanctuaire de Dodone, les Péléiades chantaieivt la forinulf.'
suivante : « Zeus était, Zeus est, Zeus si;ra, ù fj^raud Zlmis! » qui peut avoir une assesc haute antiquité (Pausan-, X, 12, 19}.
;;rand, le meilleur, le plus glorieux, le plus majestueux des dieux, celui qui règne sur tous les hommes et sur tous les immortels. La souveraineté qu'il exerce, d'abord sur les êtres divins, sur la hiérarchie dont il est le chef, est une souveraineté vraiment absolue. Ses résolutions sont irrévocables, sa volonté irrésistible*. 11 est l'être loutpuissant, celui contre lequel nul ne saurait prévaloir. L'empire du monde a été sans doute autrefois partage, et, des trois grandes provinces de l'univers, Zeus a obtenu le ciel seulement. Mais ce n'est là qu*une apparence. Dans cette sorte de trinité qui se compose de Zeus, Adès et Poséidon, il s'en faut de beaucoup que chaque personne soit égale ; la personne de Zeus domine, efface presque les deux autres. Poséidon, à qui est échu l'empire des eaux, essaye quelquefois de résister aux volontés de son frère; mais l'impuissance de sa révolte ne sert qu'à rendre témoignage de sa dépendance '. Adès, le dieu des régions infernales, a, chez Homère, une figure vague et mal définie ; il n'est, à vrai dire, que le Jupiter souterrain (Zsjç xaTayOcv'.cç). Quant aux autres dieux, ils sont encore plus étroitement soumis au chef de la famille divine. Tous le saluent du titre de «père»; non qu'ils soient tous ses enfants, mais parce que tous reconnaissent en lui leur maître, et que nul ne peut se soustraire à son inévitable autorité. Zeus est en effet, avant tout, le dieu fort. « Vous apprendrez, dit-il, combien il est vrai que je suis le plus fort de tous les dieux. Voyons, essayez, dieux, afin que vous le sachiez tous. Attachez au ciel une chaîne d'or à laquelle vous vous suspendrez tous, dieux et déesses. En dépit de tous vos eiforts, vous n'entraînerez pas vers la terre Zeus, le souverain ordonnateur. Mais si moi-même je voulais tirer la chaîne à moi, je tirerais avec elle la terre et la mer elle-même; puis, je l'attacherais au sommet de l'Olympe, et tout l'univers resterait suspendu. Tant je suis au-dessus des dieux et des hommes ^. » Cette grande image nous montre clairement que les Grecs homériques avaient conçu leur dieu suprême comme doué d'une force souveraine, infiniment supérieure à toutes les forces secondaires qui sont sous sa dépendance et dans sa main.
Ce dieu onniipotent est en même temps souverainement sage *. Il ne rend compte à pei'sonne de ses résolutions. Ses conseils sont impénétrables pour tous les dieux, même pour liera son épouse : ce qu'il a
i. Voy. surtout Iliad., I, .V20.