‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 32 sur 550 · Cf. les expressions : /xviTisret Z<vf , uTrarof /Aviorup · texte numérisé non relu

Cf. les expressions : /xviTisret Z<vf , uTrarof /Aviorup

décidé dans sa prudence s'accomplit toujours. Il voit toutes choses : sur rOlympe comme sur la terre, rien ne peut échapper à sa large vue, à ses regards pénétrants. 11 sait tout; il connaît tout. 11 est le seul aussi à qui appartient l'indépendance . « Tout a été accordé aux dieux, dit Eschyle, sauf d'agir en souverains ; aucun, en effet, n'est libre, excepté Zeus*. » Mais, ici, les Grecs semblent s'être posé, d'instinct, un redoutable problème. Tandis que leur imagination, perdue dans les hauteurs de l'éther, s'y représentait un dieu tout-puissant trônant dans sa majesté, leur réflexion, éveillée au spectacle des dures réalités d'icibas, concevait en même temps une puissance aveugle, sourde, inexorable, sous laquelle tous courbaient la tète et qu'ils nommèrent AfoiVa. Faute d'un mot qui traduise exactement cette idée grecque, nous l'appellerons le Destin, ou, plus philosophiquement, la Loi. La Moira des temps héroïques, si on cherche à en pénétrer le sens, semble, en effet, n'être autre chose que l'ensemble des lois qui dominent le développement de toute existence humaine et qui en limitent le cours. Or, en face de la nécessité constante et du caractère innmiable de la loi, que devient la puissance d'un dieu personnel dont la liberté semble ne pas admettre d'entraves? Cette difficulté, d'autres religions l'ont résolue par la possibilité du miracle, c'est-à-dire de la suspension momentanée des lois naturelles par un acte de volonté divine. Les Grecs homériques ne sont pas allés jusque-là. Bien que le monde où ils vivaient fût plein d'enchantements, ils ne crurent pas qu'il fût possible à la divinité de troubler, même pour un instant, l'ordre de la nature en ce qui concerne l'honmie, ni de soustraire un mortel à sa destinée. Quand Jupiter voit Sarpédon en danger de périr, ses entrailles s'émeuvent en sa faveur ; il est un instant tenté de dérober son (ils à la mort ; mais ce n'est là qu'une tentation. Le père ne tarde pas à se souvenir de sa nature divine. Il laisse donc la loi inexorable suivre son cours et périr Sarpédon*. « Les dieux eux-mêmes, dit le poète, ne peuvent soustraire un héros qu'ils chérissent à la mort commune à tous, une fois que la Moira pernicieuse l'a saisi pour le plonger dans le profond sommeil de la tombe ^. » L'omnipotence de Jupiter semble donc limitée par la nécessité immuable des lois éternelles de la nature. Mais la majesté du dieu n'en souffre aucune atteinte. Entre sa volonté et les arrêts de la destinée il n'y a pas, il ne peut pas y avoir contradiction. Son intelligence suprême pourrait-elle vouloir le désordre dans cet univers dont il a été autrefois l'ordonnateur et dont il reste à jamais

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