‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 317 sur 550 · HûUer-NVieseler, Denkm, d. ail. Kunsl, II, pi. 8, n · texte numérisé non relu

HûUer-NVieseler, Denkm, d. ail. Kunsl, II, pi. 8, n

Fig. 105.

Démêler au culathos.

DËHËTER ET PEKSÉPHONE. Xt]

Le blc étanl un don de Dèmcter, il éUit naturel de l'attacher à la religion de cette divinité l'invention des instruments de culture et l'origine des ditTéicnts travaux agricoles. Ces inventions étaient, pour les imaginations pieuses, autant de faveurs accordées aux hommes par la déesse. Elles se personnifiaient en Attique dans plusieurs héros, tous en relation intime avec Dêmèter; entre autres, Bouzijgés, le premier qui aitaltelé les bœufs à la charrue, et Triptolëinos, àoiA le nom exprime l'idée de ces « Imis labours » qu'Hésiode recommande déjà aux agriculteurs de Uéotie'. On disait que Trtptoiémos était le fils de Disantes ou Diaulos, c'est-à-dire du double sillon que trace le bœuf, à l'aller et au retour dans le champ de labourV Les légendes éleusinicnnes racontaient que Dèmcter avait enseigné elle-même ses mystères à Triptolème; qu'il avait été le premier prêtre de la déesse, le fondateur de son culte, le roi primitif du pays, et les familles des prêtres cleusiniens avaient eu soin d'inventer des généalogies qui leur don- Daient Triptolème pour premier ancêtre.

Dans la croyance populaire, Triptolème était surtout le génie bienfaisant des terres cultivées, celui dont les faveurs procurent aux campagnes l'abondance et la richesse. On le représentait, comme on le voit encore par les vases peints, monté sur un char ou voltigeant dans l'air, tenant d'une main un sceptre, de l'autre des épis de blé, et entouré d'une foule qui l'adore'. Comme les habitants de l'Attiquc avaient la prétention d'avoir précédé tous les autres peupfes dans l'invention des arts, en particulier dans le développement Ki»:. ine. - Tiipiode l'agriculture, ils disaient que Dèmèter avait fait ■,'t'^* ""*™ *"" parcourir le monde entier à Triptolème pour répandre partout SCS dons, et leurs artistes se plaisaient à représenter la scène du départ du jeune héros quittant Eleusis pour CCS lointains et merveilleux voyages. Triptolème était monté sur un char ailé, attelé des serpents (fig. 106) qui sont un des emblèmes de la terre, et il recevait des mains des deux déesses éleusinicnnes les précieux dons qu'il allait semer à travers le monde (lig. 107). Une pièce perdue de Sophocle, qui avait pour titre Triptolémn, racontait les magiques voyages du héros, les dangers qu'il avait courus, les résistances qu'il avait rencontrées, réussissant cependant à répandre

1. ri'i;>fa'''"ii'<c*'<:'>inpo»'^co>ninv>'('Dt>lulL*in(w(R.iTs}.).na/!Ï.i vï>, pal rripri.'tsion propre pour Ubourcr lu lerrc (llesiat., 0;(. ef D.,M'i) cf. Tkeogon., 971 .- .nA ivirpindJ-u. 3. Coiiiparci' la l<igciido tl« Trinutèi & PIicjim ;1'iuuii. VIII, 15, 1). 3. Élilt Céramtyraphique. U\, IM-US. GcrhanI, Autcrlu. Vateabilder, Ul. il, »{i|.

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partout, avec les présents de Dètnèter, la .science de l'agriculture et la douceur des mœurs qui cn^osl la suite, jusqu'au moment où de retour dans sa patrie, victorieux de toutes les épreuves, il fondait la ville d'Eleusis et le culte des Grandes Déesses'. Comme toutes les divinités, Dèmèter a en môme temps de» amis et

des ennemis, des adorateurs /.élés et des contempteurs violents. Ces ennemis de Dèmèter se personui fiaient, en Tliessalie, dans le héros Érysickthon. La signilicalion de ce mot n'est pas évidente. Peut-être faut-il y voir une image de cette terre rouge de Tliessalie à laquelle ait allusion le nom de Pyrrlia, dans la légende de Deucaiion ; peut-être encore ne désigne-t-il autre chose que la nielle qui ronge le blé, dont elle est la plus cruelle ennemie, et qui portait en grec le nom i'&ijtibïÉ. 11 est d'autant plus difficile de déL-idct' la question, que le premier développement littéraire de la légende d'Érysichthon ne se rencontre pas avant Callimaque. Le poète alexandrin , dans des vers ingénieux auxquels Ovide, s'exerçnnt sur le même sujet dans ses M<ftamorpkoses, n'a ajouté que des détails de mauvais goùl', fait d'Érysiclithon un jeune prince ihessalicn, qui osa violer le bois sacré de Dèmèter, dont il abattit les arbres pour se coiistruirc une salle de festin ; la déesse le punit de son audace en le condamnant à une faim dévorante et incessante que rien ne pouvait rassasier. Nous ne saurions

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préciser le sens de cette légende qui, originaire de DotionS avait été apportée par une colonie thessalienne à Cnide, où Erisychthon s'était transformé en un fils du dieu solaire Triopas^ dont les solennités, célébrées chaque année au promontoire Triopéion, réunissaient tous les Doriens des côtes d'Asie. Cette légende, ainsi transplantée, avait dû subir certaines altérations. Il arrivait souvent, en effet, que les colonies qui venaient se fixer avec leurs dieux sur un sol nouveau, créaient ainsi entre des divinités, naguère isolées, des associations factices et des liens généalogiques où plus tard il était difficile de se reconnaître assez pour distinguer lidée religieuse primitive de ses développements postérieurs. La légende d'Érisychthon ne paraît pas d'ailleurs avoirpénéiré en Attique, où le héros thcssalien, grâce sans doute à l'analogie de son nom avec celui d'Érechtée, se confondit avec ce fils de Cécrops, et ne fut comme lui qu'une image du sol de TAttique fendu pour la première fois par le soc de la charrue.

Le caractère simple de Dèmèter, divinité de ragriculturc, s'altère déjà dans le culte qu'on lui rendait aux fêtes des Thesmophories, dont la magnificence rivalisait à Athènes avec celle des Panathénées. La déesse y était adorée sous le nom de Thesmophoros, c'est-à-dire de législatrice, 11 importe de déterminer le sens de cette épithèle. Faut-il comprendre, avec certains écrivains anciens, que l'établissement des lois civiles remontait à Dèmèter, en ce sens que l'état régulier et bien ordonné des sociétés est une conséquence du développement de l'agriculture? C'est là une idée raisonnable, mais un peu trop abstraite pour qu'on en fasse honneur à cette antiquité reculée qui a créé les noms et les épithètes des dieux. A défaut de textes concluants, ce sont les pratiques religieuses des Thesmophories qui doivent nous expliquer l'origine de cette conception de Dèmèter.

Or, le premier caractère de ces fêtes et le plus significatif, c'est qu'elles étaient célébrées exclusivement par des femmes, et par des femmes mariées, comme à Rome les solennités de la Bonne Déesse. Chacune des tribus de l'Attique désignait, pour présider aux Thesmophories, deux femmes élues par leur sexe, nées d'une union légitime et elles-mêmes légitimement mariées. Tout citoyen dont le capital s'élevait à trois talents était tenu de fournir à son épouse l'argent nécessaire pour contribuer aux frais de la solennité. Les hommes en étaient rigoureusement exclus : il leur était interdit sous peine de mort de pénétrer dans le temple où s'accomplissaient les cérémonies sacrées. Pendant

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