Hcllanicus, ap. Allicn. X, p. 41 G
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une partie de la fêle, les femmes étaient astreintes à la continence et à un jeûne rigoureux*.
D'après ces détails, il est évident que le culte de Demètcr Thesmophoros était en rapport avec la condition des femmes mariées; et la loi dont elles célébraient la fcte n'était autre chose que la loi qui régissait leur vie d'épouse et de mère, l'antique et auguste institution du mariage que le poêle de V Odyssée désigne déjà sous le nom de Oîcii-éç*. L'union conjugale avait donc été considérée à l'origine comme un don de Dèmèter qui devenait ainsi un type divin de l'épouse : type qui, en se rapprochant de celui d'Uéra, en diffère à certains égards; car, dans les Thesmophories, Dèmèter se présentait surtout comme le modèle de la bonne \nère de famille, tendre et dévouée à ses enfants. Les rites secrets des Thcsmophories rappelaient, en effet, comme ceux des Éleusinies qui n'en furent que le développement, la douleur de la déesse privée de sa fille chérie, ils exprimaient en même temps le mystère de la maternité que l'imagination grecque avait instinctivement comparé aux mystères de la végétation terrestre. Ce n'était pas sans raison que les femmes célébraient les Thcsmophories au mois de Pyanepsion, qui était le mois des semailles : les semailles éveillaient l'idée de la génération, de même que l'apparition du blé printanicr, sorti du sein de la terre où il avait passé l'hiver, s'associait symboliquement à l'idée des enfantements. Aussi Dèmèter, cette mère féconde, était-elle honorée, au dernier jour des Thcsmophories, sous le nom de Calligeneia, « la déesse à la belle progéniture», qui préside à la production légitime des enfants, comme à celle des fruits de la terre. Les lois que les femmes grecques avaient reçues de la déesse thesmophore n'étaient donc autre chose que l'institution du mariage légitime d'une part, et de l'autre la grande loi de la maternité dont, chaque année, Dèmèter elle-même offrait à leurs yeux le divin spectacle.
Cette assimilation de la vie de la terre à la vie de la femme, naïve et simple image qui explique en partie le culte des Thcsmophories, ne fut plus comprise en Grèce aux âges de réOexion. On lui substitua l'idée abstraite de la civilisation dont l'agriculture est la source, et Dèmèter devint ainsi une déesse législatrice dans le sens le plus large du mot. La formation des sociétés, la fondation des villes, la rédaction des codes lui furent attribuées. On supposa que les symboles des Thcsmophories, avec les alternatives de joie et de douleur que ces fêtes éveillaient dans l'àme des femmes, n'avaient d'autre but que de faire ressortir le
1. Voir les textes qui conccrueni les Thesniophoi'ics dans l'ouvrage de K. F. llcriiiaïui, Lehrhuch der Griech. Anliquit., II, v. Btfffio^fôpta.