‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 355 sur 550 · Schol., Oe/j/M., XI · texte numérisé non relu

Schol., Oe/j/M., XI

8. Sur Sisyphe, voir, au livre IV, le chapitre des jéi^endcs de Gorinthc.

avec laquelle il tourne dans l'air, pour avoir osé insulter liera, est cité par Pindare comme un exemple des châtiments qui attendent l'orgueil démesuré^ Aux yeux du vulgaire, les supplices de ces grands criminels légendaires étaient un spécimen des peines réservées aux coupables dans l'autre monde. La croyance aux peines du Tartare, à peine indiquée aux temps homériques, se développa et se précisa en Grèce à partir du sixième siècle environ, sous l'influence des Mystères et peutêtre aussi des doctrines orphiques. On crut généralement que toute faute, commise et non expiée à la surface de la terre, devait être châtiée sous la terre, c'est-à-dire dans le Tartare, et si plus tard on supposa que les âmes coupables erraient dans l'atmosphère pour s'y purifier de leurs souillures, c'était là une doctrine d'origine mystique ou philosophique, qui s'écartait de la simplicité des antiques croyances\ Le nom de V Elysée se rencontre pour la première fois dans VOdyssée. Au quatrième chant du poëme, Protée prédit à Ménélas qu'il ne doit pas mourir dans Argos, que les dieux l'enverront dans la plaine Elysiennc, aux extrémités de la terre, là où règne le blond Rhadamaiithe, dans un séjour qui ne connaît ni la neige, ni les tempêtes, ni la pluie, et que rafraîchissent sans cesse les douces brises de l'Océan'. Ce n'est là qu'une conception poétique, et non l'expression d'une croyance générale sur la destinée de l'homme après la mort. La félicité éternelle promise à Ménélas n'est pas, en effet, le prix de ses mérites : elle est simplement une faveur accordée par Jupiter au mari de sa fille Hélène. De même, chez les poètes épiques postérieurs à Homère et même chez Pindare, l'Elysée ou les Iles des Bienheureux sont le séjour privilégié réservé aux enfants des dieux et aux héros glorieux. Dans VÈthiopide d'Arctinos, Thétis enlevait au bûcher son fils AchiUe tué par Paris et Apollon, pour le porter dans l'île Leuké, c'est-à-dire dans la région lumineuse qui fait contraste avec l'obscur Hadès, et elle obtenait pour lui Timmortalité. Le lyrique Ibycos plaçait Achille dans l'Elysée où il lui donnait Médée pour épouse*. Ce royaume de Cronos et de Rhadamanthe s'était ouvert aussi pour Pelée, pour Diomède, pour Cadmos, pour les héros de la guerre troyenne et de la guerre thébaine'. Mais la faveur des dieux avait seule fait le bonheur de ces élus de noble race. Ce fut, vraisemblablement, l'influence des

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