An. IStachut. du Dklioi
■e mchéologique de UU. DsreniLci^ vt Sitjlia, I. p. U2S.
la bassara, qui était commune au dieu Ivdicn el à sa mctiDdcs, cl il porte quclqucr<iia |)iir-di;ssu!!, pour compléter son vêtement à la manière de celui des femmes, la courte tunique supérieure sans manches, appelée crocolos. Kn même temps, SOS clieveus sont ceints d'oniemenls Téminins. qui remplacent les couronnes de lieiTe ou de pampres, ou se coniliinerit avec elles, te crédeiniion, lu milra, (liîTpsj ip;;) , In Stéphane. » On voit ce ISacchus gréco-lydicn ligure sur un bas-rcliel' d'un cratère de marbre du musée de \aples (lig. 127).
Ce caractère asiatique de Baccbus se môle nux conceptions particulières lie l'ail hellénique, dans le type nouveau du dieu imberbe et juvénile qui, à partir de Praxitèle, devint dominant dans la statuaire grecque. Uaccbus est alorsunéphèbe; non plus, comme Hermès, l'épiicbe nerveux des gymnases, mais un adolescent à la séduisante beauté, aitx Formes pleines et un peu molles (lif:. 128). Son abondante et magnifique chevelure llotic tout entière f^ur ses epa îles ou biei rclc ce cornu e cell dos fcmn es elle est seiree par un laidcau d ou st.tl ip nt des I oucles grjc cuses L (,x| re sion de son V aa^c lesprc le ingui ei mclan^e lune ivresse bienheu reu e dune mclancolie \a^uc et ndernic ■> bo attitude est celle d'une langueur elTéminée, ou d'un aimable abandon. Quand la nébride n'est pas jetée sur ses épaules et passée autour de ses reins, il est
habites par des êtres inysléricux, qu'ils croyaient apercevoir quelquefois à la tombée de la nuit, et qui leur apparaissaient sous une forme analogue à celle des animaux qui broutaient dans la montagne. Au physique, les Satyres ne sont qu'une espèce imaginaire du genre animal. Leur corps velu, leur nez camus, leurs oreilles pointues, leurs pieds fourchus et leur appendice caudal les rattachent en partie à la nature du bouc dont ils ont les instincts lascifs*. Au mural, c'est, comme le disait Hésiode, une race lâche, fainéante, tournée au mal : pétulants et poltrons comme le lièvre qui est leur symbole ordinaire, ils sont en même temps mutins et malicieux, et ils prennent plaisir à épouvanler les pauvres gens. Ils ne songent (ju'à danser et à gambader, à boire et à s'enivrtîr, ou encore à poursuivre les Nymphes de leurs ardeurs bestiales. Leur occupation la plus honnête est colle de la musique : les pâtres croyaient eiitendre les accents de leurs flûtes ou de leurs syrinx à travers les bruissements lointains des forets de pins.
Ces génies des bois et des montagnes ont longtemps vécu dans la croyance populaire. Au premier siècle de l'ère chrétienne, on était encore convaincu de leur existence, à en juger du moins par un fait que raconte gravement Plutarquft dans sa Fie de S////a*. Quand Sylla fut arrivé à Apollonie d'Épire, on découvrit près de là, dit-il, dans un Nymphaeon, un Satyre qui était endormi. Ce Satyre avait exactement la forme que lui donnent les poètes et les artistes. Les gens de Sylla s'emparèrent de cet être singulier et ramenèrent devant leur maître, qui essaya d'engager conversation avec lui. Mais comme il n'en obtenait aucune réponse intelligible, il fit venir [)lusieurs interprètes qui adressèrent des questions au Satyre dans des lanjiues diverses. Les interprèles ne lurent pas plus heureux que ne l'avait été Sylla : leur interlocuteur, dit Plutaïque, émettait des sons inintelligibles, où les hennissements du cheval se mêlaient aux bêlements du bouc. Sylla épouvanté le fit relâcher. — Cette anecrfote témoigne à quel point la tradilion des Satyres avait été vivace, grâce sans doute à l'art et à la poésie qui s'étaient emparés de ces enfants de la superstition des campagnes, pour personnifier en eux toutes les mauvaises passions, tous les instincts sensuels et brutaux de l'homme sauvage et primitif. A ce point de vue, comme génies du vice et de la luxure, les Satyres ne sont pas morts avec le paganisme ^. Ils ont fait invasion dans la légende chré-
\. n va peut-être aussi quelque rapport entre les mots lirupoi et Tirvpoi (boucs, bélier-).
'2. Chap. XXV».
3. Certains écrivains chrétiens croyaient à rcxislcnce des Satyres. Saint Jérôme (Epht., I, liv. ni), rapporte que saint Antoine fit au désert la rencontre d'un hippocentnure d'aboi'd, ensuite d'un être au nez crochu, au front cornu, aux pitfds de chèvre, qui n'était autre qu'un
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tienne, et nous les retrouvons à peine modifiés, avec les principaux signes de leur beslialilc, dans ces démons obscènes dont rimaffinalion hardie des artistes du moyen âge a peuplé les portails de nos cathédrales.
Ces grossiers enfants de la nature s'humanisèrent quand Athènes leur eut donné le droit de cilé. Ils s'y élevèrent à la dignité de person-» nages poétiques. Le masque des Satyres fut, très-anciennement, en Attique un élément indispensable des processions des fêtes de Racchus 011 il excitait la folle gaieté de la foule. Ce fut pour donner satisfaction à ce goût populaire qu à coté de la tragédie grave et solennelle on créa le drame satyrique « cette tragédie en belle humeur » (r.oLi^ouax TpaY(,)c(a), comme l'appelle un critique grec*. La présence des Satyres qui composaient le chœur et qui, (idèlesau caractère que leur attribuait la tradition, se livraient sous les yeux des spectateurs à tous les ébats de leur humeur folâtre, transforma ainsi en parodie les graves événements empruntés aux légendes des dieux ou des héros. Ces personnages si populaires de la scène grecque devinrent en même temps les enfants privilégiés de la fantaisie artistique qui, en se jouant autour d'eux, les transforma et les ennoblit. Les Satyres de la jeune école attique ne sont plus ces êtres laids et repoussants, ces hommes des bois qui épouvantaient les patres dans la montagne. De génies animalisés qu'ils étaient, ils deviennent des êtres semblables à Thomme, ou peu s'en faut; en eux s'opère le phénomène de la transformation des espèces. Leur front déprimé se redresse et se développe; leur figure s'éclaire des rayons de rintelligenceet de la grâce. Le corps des Satyres est celui de l'homme en sa fleur; du type animal dont ils dérivent, ils ne conservent d'autres indices que les oreilles longues et de courtes cornes qui percent les boucles frisées de leur chevelure. Ce ne sont plus des vieillards, mais d'aimables et beaux adolescents. Leurs occupations favorites sont celles qu'ils avaient jadis dans leurs forêts, mais avec plus de noblesse. Tantôt ils se livrent a des danses bachiques en compagnie des Ménades et des Nymphes, comme sur les peintures murales de Pompéï; tantôt, nonchalamment adossés à un tronc d'arbre, ils s'exercent à jouer de la flûte (fig. 129), comme les deux jeunes Satyres du musée du Louvre, qui rappellent par leiir attitude le célèbre Satyre au repos (àva^ausixavo;) du peintre Protogène'. Ou bien encore,
salyrc. Voir d'au 1res faits du môniP genre dans une curieuse étude de M. Gidcl «nr un pormc grec inédil, le Phytiologos [Annuaire de l'association des études grecques, 1873).