Hymn. fioni., XIX, ISsqq
Ud UÏTUOLOGIE DE LA GRÈCE ANTlQUt:.
foréls, descend les pentes et glisse dans les prorondcursdes vallées. Pan seplait, en effet, sur lus cimes neigeuses, sur lu crête des monlagnes chenues et dans les sentiers rocailleux. « Il s'avance <;à et là à travers les halliei's épais : tantôt il s'arrête auprès d'un ruisseau paisible, tantM il remonte d'âpres rochers et gravit un pic d'où il contemple les brebis. Souvent il court le long des crêtes blanches des monlagnes; sauvent aussi il cAtoie le pied des collines et il tue les bêtes fauves que découvre sa vue perçante'. » L'heure du midi où la biiseest endormie, oii la nature entière repose, est celle du sommeil de Pan : sommeil que les pâtres respectent cl qu'ils redouteraient de troubler'.
De ces poétiques images ressort déjà le caractère primitif de Pan, dieu du vent léger et harmonieux. Pan pourra donc personniticr tantôt la fraîche brise matinale qui, en Grèce, accompagne l'apparition de l'aurore et précède le lever du soleil, tantôt la brise tiède qui souflle à l'entrée de la nuit. Dans le premier cas, il est le fils d'Hermès et de Pénélope \ du dieu du crépuscule et de la belle lîleuse qui tisse tous les jours dans le ciel sa toile brillante. Dans le sci^ond, il est le fils d'Hermès et deCalIisto*, compagne d'Artémis en Arcadic et devenue la constellation de la Grande- Ourse, ou bien encore de Sélènè dont il accompagne la course pendant une partie de la nuit. On racontait que le dieu arcadien avait séduit et attiré la Lune dans les forêts en lui faisant don d'une toison àréciatantc blancheur'. Quelques monumenU grecs nous ont conservé le souvenir des amours de Pan et de Sélènè. Sur une monnaie de Patras ', la déesse à cheval, avec un voile flottant au-dessus de sa tête, s'approi-he de Pan, adossé à un rocher (fig. 154). Tous deux étaient honorés sur le mont Lycée, dans le même sanctuaire, qui était une caverne'. Cette caverne, comme celle de Latmos où Endymiou est couché, est sans doute l'image de la nuit où la Lune est enfermée avec la brise du soir. Pan, d'ailleurs, a pour séjour favori les grottes des montagnes; il habite, sur le Parnasse, en compagnie des Nymphes, la grotte Corycicnnc, et c'est pour ce motif qu'on