DIVINITÉS AGRESTES. — PAS
lui attribuait dans l'antiquité un caractère prophétique ^ Les rapports de Pan et de Sélènè sont encore attestés par un monunnent' où hous voyons le dieu aux pieds de bouc emportant sur son dos son amanle nocturne. La présence du génie ailé et porteur d'un flambeau qui les précède, génie qui ne peut cire que Phosphoros, nons indique qu'il faut voir là une image de la lune qui se relire du ciel au lever du jour, emportée par la brise matinale.
Le vent purifiant qui chasse les nuages avait pu être primitivement assimilé à un berger qui pousse devant lui son troupeau. L'action fécondante que, d'après les superstitions grecques, les vents et surtout le zéphyr exercent sur les animaux, peut expliquer, d'ailleurs, comment Pan est devenu un dieu pastoral. Il devait surtout acquérir ce caractère chez des populations comme celles de TArcadie, où la nature du sol ne permettait d'autre industrie que l'élève du bétail. Honoré sur le Cyllène, sur le Ménale, sur le Lycée, sur le Parthénios, Pan était en Arcadie régal des plus grands dieux ; un feu perpétuel brûlait dans son principal sanctuaire ; on lui supposait le pouvoir d'exaucer les prières des hommes ou d'infliger des châtiments aux méchants'. Habitant des bois, des rochers, des cavernes, des gorges sauvages et des profondes vallées. Pan était le génie des montagnes dont les impressions diverses sur l'àme humaine, dont les terreurs et les enchantements étaient attribués à son action. Ce dieu des pâturages, ce dieu v6|xio; comme Hermès et Apollon, ne se plaisait pas toujours, en effet, à veiller sur les troupeaux confiés à ses soins et à ravir Poreille des pâtres par les accents de sa douce mélodie. 11 était quelquefois un génie malicieux^ qui prenait plaisir à épouvanter les gens perdus dans le^ solitudes de la montagne. A la tombée de la nuit, le feuillage agité soudain par le vent, un craquement dans la foret, la chute lointaine d'une pierre dans un ravin, le moindre accident, révélaient aux bergers l'approche du dieu. Ils le voyaient alors, comme devaient le voir des hommes dont la vie entière se passait à garder les chèvres, sous une forme fantastique qui était à la fois celle de l'homme et celle du bouc conducteur du troupeau. En présence de ce fantôme créé par leur imagination, saisis d'une terreur folle, ils fuyaient à toutes jambes; ils étaient en proie à la frayeur panique. « Les paniques, dit le stoïcien Cornutus, sont des frayeurs soudaines et irréfléchies ; c'est ainsi qu'on
1. Paus., X, 52, 11 ; VIII, 37, il (ancien oracle de Pan, qui avait pour prophétesse la nymphe Éralo). Apollod.. I, 4. 1.
2. Miroir de Corinthe, reproduit dans VArch. Zeitung, nouv. sér., l. YI, pi. 7,1. r>. Paus., VIII, .-57,11.
4. De là. sans doute, son épitlièle de Xevdftç en Arcadic (Paus., VHl, 50, 5).
Pifi. 135, — Pin dant le corlJg*
4S8 HÏTIIOLOGEE DE LA GRÈCE AHTIQVE.
voit les troupeaux de bœufs ou les troupeaux de chèvres Tuir affolés de terreur, quand ces animaux ont tout à coup entendu un bruit sortir d'une forêt ou des profondeurs d'un ravin'. » Celte frayeur était quelquefois causée par la voix même de ^ .^V^?ip^?*^ IÛ:/\ P^" '■ *oix redoutable qui avait lerrifîé y^^Pi '" fe^ vh) J*'''* '^^ Titans en lutte contre les fil . ' 'i SuA 'i a dieux * et qui mil en fuite les Perses à
Marathon. Génie bruyant et tumultueux de la nature sauvage. Pan devait cire mis en rapport avec les divinités orgiastiques venues de l'Aïic et de la Thrace. Dès le temps de Pindarc, qui lui avait élevé un sanctuaire', son culte était associé à celui de la Grande Mère, et plus lard il se confondit dans le cortège de Dionysos (lig. 155] avec les Satyres, avec les petits démons des bois et des montagnes, et avec les Panisques ses (ils. En Asie Mineure, on l'identiliait avec Marsyas; comme le Silène, il était entre en lutte avec Apollon: comme lui, il avait été le maître du jeune Olympes dans l'art de la syrinx (fig. 136).
On sait comment le petit dieu des pâtres arcadiens sortit de ses montagnes pour venir prendre place à côté du groupe des glorieuses divinilésd'Aihènes. Lors de l'invasion médiquc, les Athéniens envoyèrent à Sparte un héraut pour réclamer du secours contre l'ennemi commun. Ce héraut était un certain Phidippidcsqui faisait le métier de courrier. Les Spartiates ne refusèrent pas le secours qui leur était demandé ; mais ils prétendirent qu'une loi leur iR. .- snma re ympoi. défendait de franchir les frontières de leur pays avant la pleine lune. Le voyage de Phidippidcs fut donc