Pyl/i., III. 78. Derpk ni Schol. Fragm
DIVINITÉS AGRESTES. — ARISTÊE. 450
infructueux pour les Athéniens, mais non pas pour le 4Î6u Pan. Le héraut raconta, en effet, qu'en traversant le mont Parthénios, il avait rencontré le dieu qui l'avait chargé d'une mission pour les Athéniens; il devait leur demander pourquoi ils n'honoraient pas un dieu qui était plein de bienveillance pour eux, qui leur avait rendu des services, qui était encore disposé à leur être utile. Les Athéniens, dit Hérodole, crurent à l'exactitude de ce récit : quand la guerre fut terminée, «'imaginant que Pan avait été pour quelque chose dans la paniquB qui s'était emparé des Perses à Marathon, ils lui consacrèrent un sanctuaire creusé dans le rocher de TAcropole, où, depuis ce tçmps-là, il fut honoré par des sacrifices annuels et par des courses 9ux flambeaux ^ D'Athènes, lo culte de Pan devait se propager dans le reste de la Grèce et en Asie. Mais le dieu était appelé encore à de plus hautes destinées. Une fausse interprétation de son nom devait étrç le secret de sa nouvelle fortune. Pour les Grecs, Ilav ne pouvait signifier autre chose que « Tout ». On comprend donc comment les esprits réfléchis qui s'évertuaient i trouver un sens profond dans les naïves créations de la mythologie primitive purent faire de Pan le dieu de la vie universelle, l'univers luimême ou le grand Tout. Telle est la signification que lui attribuent le9 Stoïciens et les Orphiques. « J'invoque Pan, dieu puissant, dieu pastoral, dit l'auteur d'un hymne ; Pan, l'ensemble de l'univers, le ciel, la mer, la terre souveraine et le feu immortel, car ce sont là les membres de Pan... dieu dont les accords n^élodieux célèbrent la vie universelle; dieu aux mille noms, maître souverain du monde, qui fait naître tout, qui engendre tout'. » D'après d'autres idées, qui avaient cours également dans les derniers siècles du paganisme. Pan appartenait à la catégorie des démons intermédiaires entre l'homme et la divinité ; dé? mous qui n'ont point Fimmorlalité en partage, qui, après une vie plus ou moins longue, sont destinés à mourir. C'est ainsi que Plutarr que raconte, dans un intéressant récit, comment on apprit, sous le règne de Tibère, la mort du dieu Pan'.
Un autre habitant divin de la nature agreste, c'est Arislée. Moins sauvage que Pan, il ne se plaît pas comme lui dans les solitudes des bois et des montagnes ; il aime surtout les riantes vallées et les campagnes fertiles. Sa légende parait s'être développée dans les riches plaines de la Thessalie. C'était là qu'Apollon avait enlevé la nymphe Cyrène; il l'avait transportée, sur un char d'or, du mont Pélion jusqu'en Libye, près de l'endroit où s'éleva la ville qui devait porter le nom de
i. Hcrod., Vî, i05. Cf. Pausan., I, 28, 4; VIII, 54, «. Luc, Dial, Deor., 32, 3.