‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 467 sur 550 · Pind., hlhm., VII, 27. CI. Apollod., III · texte numérisé non relu

Pind., hlhm., VII, 27. CI. Apollod., III

LËGEKDES DE THESSALIE. — PELtE. 559

Pélcc poursuÎTant à grands pas Thétis qui fuit devant lui (fig. 155). Grâce aux conseils et à l'appui de son lîdèle ami le Centaure Chiron.

il triomphera d'elle cependant. Quand il réussit à l'atteindre, elle essaye de se dérober à ses cireintes eu changeant de nature. Comme Protée, elle se transforme tour à tour eu feu et en eau. en lion et en serpent (fig. 156) . Mais Pelée, sans se laisser effrayer, dompte successivement

chacun des monstres qui se dressent devant lui et ne renonce pas à ses prises; il sort eniin victoriens de la lutte, enlevant dans ses bras

l'épouse que son audace vient de conquérir ^ Bientôt, sur les soinnn du Péiion, dans la caverne du Centaure Cliiron, se cclèbront le noces où tous les dieux accourent, descendus de TOlympe, com pour riiymen de Cadmos et d'Ilarmonia. La célèbre amphore de i tias et d'Ergotimos (vase François) qui est au musée de Florence ' n( montre tout le cortège divin qui s'empresse autour des nouveaux épc et leur apporte de magnifiques présents. Poséidon offre à Pelée de chevaux immortels, Balios et Xanlhos; d'autres dieux lui remettent armes éclatantes et invincibles qui seront celles d'Achille. Le Centau lui donne une lance de frêne du Pélion, qui, un jour, entre les mai de son (ils, accomplira des merveilles^. La joie de la fête est animée p la cithare d'Apollon, parleschants des Musesdont retentissent les éch de la montagne*, par les prédictions des Parques qui révèlent les gl rieuses destinées de l'enfant qui naîtra de cette union. Dès lors Pelé c( que tous les dieux ont comblé de biens dès sa naissance », est Thei reux époux de Thélis : il règne, riche et puissant entre tous, sur I Myrmidons. Il n'a qu'une douleur, c'est de ne pas voir dans son pala une nombreuse postérité; c'est d'être le père d'un seul fils, et d'un fi condamné à une mort prématurée*.

La naissance et la première enfance d'Achille étaient entourées ( circonstances merveilleuses, dont Tinvenlion parait postérieure r//mde,.qui n'y fait aucune allusion. Tout le monde connaît la fab d'Achille plongé dans l'eau du Styx qui rend tout son corps invuln rable, sauf au talon, par où sa mère le tenait (fig. 157). Mais il s'i faut que cette fable fut aussi familière aux Grecs qu'elle l'est aux m dernes, puisque VAchilléide de Stace * en fait la première mentio D'après le poëme hésiodique, ïjEgimioSf Pelée, contrairement à la li dition homérique, avait eu de Thétis plusieurs enfants. Chaque f que la déesse devenait mère, elle plongeait le nouveau-né dans chaudron d'eau bouillante, pour éprouver s'il était immortel. Pé avait ainsi perdu plusieurs de ses fils : il arriva à temps pour sau

1. Pind., iVej/i., III, 55; Eurip., Androm., 1257 sqq. On trouve encore aujourd'hui les Grecs mo<ieines, des traditions analogues à celle de la transfoiTnation de Th Voir B. Schmidt, Das Volkslehcn der Neugricchen, I, p. H6. I»oui* les monuments Overbeck, Die Bildwerke zum thehischen und iroîsclœn Heidenkreis, p. 172-200* phani, Comptes rendus de VAcad. de Sainl-Pélersbourg, 1807, 25 sqq. 18b9, 181.

2. Voir la reproduction de ce vase dans les Monuments de l'Institut archéoloainti Home, IV, pi. 54-57. ^ ^"

3. lliad., XVI. 141. 867; XVH, 194; XVIH, 84; XXIII, 277, etc.

4. iMnd., Nem., V, 22. Eurip., Jphig. Aul., 1040 sqq. Catull., Epithal 64

5. lliad., XXIV, 554-540. ' * C. I. l'OOsqq. Cr. Fulpenl.. }hjlh., III, 7.

LEGENDES DE TUKSSALI.E. — ENFANCE DACHILLE. bOl

Achille, qui allait être soumis à la mêmB épreuve'. Mais la tradition générale au sujet de la naissance du héros est celle que nous a transmise Apollodore. Quand Thétis eut enfanté le lits de Pelée, elle voulut le rendre immortel. Pour détruire en lui les éléments de mortalité qu'il devait à son père, elle le cachait dans le feu pendant la nuit, à l'insu de Pelée; au Ic^er du jour, elle parfumait son corps d'ambroisie.

Fig. Kl. — Achille plonge dans 1» Slji.

La déesse ne put tenir longtemps son secret cache. Son épous l'observa, et un soir, à la vue de l'enfant placé au-dessus de la flamme du foyer, il poussa un cri de terreur. Thclis, n'ayant pu achever l'accomplissement de son dessein, abandonna son mari et son fils pour se retirer chez les Néréides*. Ce récit doit être un emprunt fait à la légende éleusinienne, puisqu'il est analogue à l'épisode de Dèmcter et de Démophoon, fils de Céléos, dans le cinquième hymne homérique'. Il ne reproduit donc pas de bien anciennes Iraditions.

Après la retraite de Thétis, Pelée conduit l'enfant chez Chiron qui doit faire son éducation'. Parmi les poésies attribuées à Hésiode, on citait les \&ipSrioç 'VicsQr.xxi, oîi. sous la forme d'un enseignement du sage Centaure à son élève, étaient enfermés des préceptes de vcrlu et de sagesse pratiques. Mais ce rôle de moraliste primitif prêté k Chiron n'a évidemment pas une source populaire. Chez les poètes et les my-

1. Schol., Apollon., Argon., IV. SU. Srhol-, Arlstr^h., Nub., 1068 : p. tiZ. coll. Didot. 3. Apillod-' 111, 13, G. Cf. Apollon., Argon., IV, 869 «tq. Schol., Iliad.. IVI, 30. 3. Vers Î38 «qq.

i. Un Hit que. dans Vlliade, ce n'ol p» Cliiroo, mtù PhoiOM, qui * élu le précepteur d'Achille.

ihographes qui les résument, Tcducation d'Achille csf. une éducation toute physique. Chiron nourrit le jeune héros de la moelle des sangliers et des ours, des entrailles des lions, et parmi les arls qu'il lui enseigne, celui de la chasse est le principale Pindare nous a retracé rimage de cette libre enfance d'Achille sur le Pélion, où les nymphes Philyra et Chariclo sont ses compagnes, où il accomplit en se jouani de merveilleux exploits. Ses mains enfantines brandissent un lourd javelot : à Tàge de six ans, rapide comme les vents, il devance les cerfs à la course, il terrasse et il immole des lions et rapporte leurs corps tout palpitants au Centaure son maître. « Artéinis et Tintrépide Athèna restent saisies d'admiration en le voyant tuer des cerfs sans chiens et sans filets; la rapidité de ses pieds l'ait sa force*. »

Cependant Thélis, bien que séparée de son époux mortel, continue à veiller sur Achille, du fond de sa demeure marine où son fils vient qnelquerois la visiter'. H était âgé de neuf ans quand Calchas prédit que Troie ne pourrait être prise sans lui. Sa mère, prévoyant qu'il périrait dans Texpédition, essaye de le dérober au sort qui Tattend. Elle le cache sous des vêlements de femme et le présente, ainsi travesti, à Lycomèdes, roi de Scyros, qui Tadmet dans son palais et Vy élève avec ses propres filles. On disait que plus tard Tune d*entre elles, Déïdamia, s'était unie à lui et avait donné le jour à un ûls : Pyrrhos ou Néoptolémos. Les Grecs ne tarderont pas à découvrir la retraite du jeune héros. Us envoyèrent une députation à Lycomèdes qui, tout en niant la présence d'Achille, permit aux messagers de faire des recherches dans sa demeure. Ces recherches réussirent, grâce à un artifice d'Ulysse. Il avait déposé dans le vestibule du palais une lance et un bouclier; il fit ensuite sonner do la trompette et retentir le fracas des armes. A ce bruit, Achille s'élance, comme pour marcher à l'ennemi : il met en pièces son déguisement féminin et saisit les armes préparées par Ulysse (fig. 158). Une fois reconnu, il promet aux Grecs son concours et part avec eux *. Le reste de la carrière d'Achille appartient à la poésie épique, surtout à l'Iliade, dont l'étude est en dehors de notre propos.

C'est également à la Thessalie, et en particulier à la race des Minyens établis à lolcos, qu'il faut rattacher un des événements légendaires les plus importants de la Grèce héroïque : l'histoire si célèbre,

1. Apollod., III, 13, 6. Cependant les monuments représentent quelquefois Chiron instruisant Achille dans l'art de la lyre. V. Ilelbig, Wandgemâlde, W* iÎ9i sqq.

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