Le nom de 4>âxo; est identique à- ^ûxo; (l'algue
3. Apollod., /. ciL Chez Diodoi-c (IV, 72) et Pausanias (II, 29, 9; X, 30, 4) c'est Pélée qui est rpxécutciir du meurtre.
4. Apollod., Hl, 13, 1. Cf. Schol., Aristoph., .Vti/;., 1003.
pour arme unique un poignard merveilleux, fabriqué par Héphsestos. Âcastos profite de son sommeil pour cacher cette arme sous un amas de fumier de bœufs. Il espère que Pelée, endormi et sans défense, sera la proie des bêtes fauves, ou qu'il tombera sous les coups des Centaures. Le héros, à son réveil, cherche partout son arme. Comme Ta prévu le roi, il est surpris et attaqué par les Centaures; mais Chiron, dont il est le favori, lui sauve la vie et lui rend son poignard. Ainsi armé. Pelée rentre à lolcos, tue le roi et la reine et devient le maître du pays^ Ces aventures, dont M. Mannhardt a démontré l'analogie avec certaines parties de la légende germanique de Sieglricd et de la légende celtique de Tristan ', appartiennent sans doute aux plus anciennes couches de la tradition populaire. On comprend facilement comment elles ont pu prêter à des chants développés et, par les incidents dramatiques dont elles se composent, fournir à Euripide la matière d'une tragédie pleine d'intérêt.
Le mariage de Pelée et de Thétisy souvent chanté par la poésie grecque dont Catulle s'est fait Técho dans son célèbre Épithalame, fréquemment représenté aussi sur les monuments figurés, n'était pas une fable moins populaire en Thessalie que celle de la chasse du Pélion. Nous lisons dans les poëmes homériques qu'Hèra a donné Thétis pour femme à Pelée, héros chéri des immortels ; nous y apprenons en même temps que Thétis a épousé Pelée malgré elle '. Cette résistance de la déesse à l'amour du héros que les Olympiens lui destinent est, comme nous allons le voir, un des traits essentiels du mythe. On disait que Thétis, avant d'être recherchée par un mortel, avait eu des amants divins. Jupiter et Poséidon s'étaient jadis disputé sa possession. Mais, un jour, la sage et prophétique Thémis, révélant, au milieu de l'assemblée des immortels, les secrets de l'avenir, annonça que le fils qui naîtrait de Thétis serait meilleur et plus fort que son père. En présence de cette menace, les deux grands dieux s'abstinrent, renoncèrent à leur amoureuse poursuite et décidèrent que Thétis serait la femme d'un mortel^. Mais la déesse marine n'acceptera pas cette décision : elle ne cédera qu'à la violence. Plusieurs vases peints, dont les renseignements complètent pour nous les récits des poètes, nous montrent
1. Uesiod., fragm., 110, éd. Gôllling, ap. Schol. Pind., Nem.j IV, 95 (59, éd. Disscn). Pind., iVtfm., V, 30, ill, 34; IV, 54. Apollod., 111, 13, 3. Antonin. Liber., 58. Schol., Xvi$toph., Nub., 1063.