‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 472 sur 550 · Pylh., IV, 203 sqq · texte numérisé non relu

Pylh., IV, 203 sqq

6. Les récits postérieurs placent auparavant le séjour des Argonautes chez les Naryandiniens, et la lutte, dans l'île d*Aivtia5, contre les oisenux Stymiihalides, qui sont analogues aux Hnrpyr«.

LÉGENDES DE THESS'ALIE. — LES ARGONAUTES. 56fl

une charrue deux taureaux, présent d^Héplisestos^ taureaux aux pieds d'airain et dont les naseaux soufflent la flamme. 11 devra labourer avec eux un ciiHmp consacre à Ârès et y semer les dents du dragon de Cadmos. 11 aurait succombé dans Tenlreprisc, si la fille d'i£ètès n'eiH conçu pour lui une violente passion. Médde est une enchanteresse : elle met au service du héros qu'elle aime toutes les ressources de son art magique. Rendu invulnérable par ses philtres, Jason soumet facilement les taureaux au joug, laboure le champ, Tensemence; et, quand il voit une moisson de géants armés sortir du sillon, sur les conseils de Médée, il lance des pierres au milieu de cette troupe monstrueuse, qui s'enlrc4uc. Cependant iEètès refuse d'exécuter sa promesse. Pour s'emparer de la toison d'or, Jason aura encore besoin des artifices de Médée, qui conduit le héros au lieu où était le trésor, après avoir endormi le dragon qui le gardait. Bientôt, les Argonautes mettent à la voile, avec leur butin; Médée retarde la poursuite d'i£ètès, en semant sur sa route les membres de son frère Absyrlos, et elle accompagne son amant dans sa fuite ^ 11 serait téméraire de vouloir rendre compte de tous les détails de ce mythe. Mais il est difficile de ne pas reconnaître dans les ennemis que dompte successivement Jason, taureaux de feu, géants armés, dragons', les puissances monstrueuses de l'orage, dont triomphe le héros solaire, aidé dans cette lutte par la magicienne Médée, qui, suivant l'interprétation de M. Schwartz, est probablement une déesse de l'éclair^.

Les Argonautes, pour rentrer dans leur patrie, suivent un itinéraire tout de fantaisie, *qui varie d'Hésiode^ à Pindare, de Pindarc à Apollonius, et qui, comme celui d'Hercule revenant du pays des Hespérides, s'est modifié successivement, en même temps que s'étendaient et se développaient les connaissances géographiques des Grecs. L'examen des détails de ce voyage est en dehors de notre étude'. Qu'il nous suffise de rappeler le seul fait constant de ces différentes versions : le séjour des Argonautes en Libye, auquel on rattachait la fondation de Cyrène, et leur passaj^e à Thèra, autre colonie minycnne.

Jason, débarqué à lolcos, consacre le vaisseau Ar^o à Poséidon, et remet la toison du bélier entre les mains de Pélias. Celui-ci, qui n'at-

i. Sources de la fable : Pind., P1///1., IV, 210 sqq. Apollod., I, 9, 23-24. Apollon. Rh., IV, 451 sqq.

2. Sur la significalion des dents du dragon, ou du monstre-tonnerre, voir Schwartz, Sonne^ Motid und Sterne, p. 129 sqq. Ursprung der Mythologie^ p. 137-139; 140-43.

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