Chez le Scholiasle d'Apolonius, IV
5. Paimi .es ouvrages les plus récents sur ce sujet, il faut citer surtout celui de J. Sten* der, De Argonaularum ad Colchos usgue expedilione fabutœ fu'ttoria crilica, Kifl, 1874.
tendait plus les Argonautes, s*clait rendu coupable, pendant leur absence, d*un double crime. 11 avait fait périr JEsou, en le condamnant à boire du sang de taureau ; il avait égorgé un jeune frère de Jason, dont la mère s'était tuée de désespoir. Médée, sur les instances du héros, se charge de venger les victimes. Elle réussit à persuader aux filles de Pélias de couper en morceaux le corps de leur père et de le faire bouillir, les assurant que celte opération lui ren<lra une nouYelle jeunesse. Mais elle ne prononce pas la formule magi(|ue qui pouvait transformer les restes de Pélias, et le roi ne revient pas à la vie ^. Son fils Âcastos chasse d*iolcos Jason et Médée, qui se retirent à Corinlhe où ils vivent quelque temps dans une heureuse union. Mais bientôt
r Jason abandonne son amante pour se fiancer à Glaucè, fille du roi
Créon. Médée, dans sa fureur, se venge de sa rivale, comme Déjanire s'est vengée d'Hercule : elle envoie à Glaucè une tunique empoisonnée, d'où s'échappe un feu qui la consume. Elle tue ensuite les enfants qu*cHe a eus de Jason, et s enfuit, sur un char traîné par des dragons ailés', à Athènes où elle s'unit à i£gée^. Ala fin de sa vie, elle ne des-
j[ cend pas au tombeau ; elle est iinmortclle et vit dans l'Elysée, en
compagnie d'Achille dont elle devient l'épouse^. La mort de Jason était l'objet de diiférents récits. Il était considéré comme un héros et avait des sanctuaires sur plusieurs points de la Grèce '.
L'ancôtre éponyuie de la race éolienne, ^olos, avait eu pour (ils, outre Crètheus, père de Pélias : Sisyphos, dont fhisloire se rattache à Corinthe; Athamas, représentant des Eoliens en Béotie; Salmoneus^ émigré de Thessalie en Élidc*. Ce dernier est un héros à l'âme superbe, un audacieux qui veut s'égaler à Jupiter. 11 se fait offrir des sacrifices comme au maître des dieux : monté sur un char, il imite artificiellement le tonnerre et les éclairs du roi de l'Ûlympe, qui le châtie en le frappant de sa foudre et le précipite dans les enfers ^. Sa fille Tyro, unie à Poséidon, devient mère de Pélias, surtout connu par les jeux funèbres qui suivirent sa mort, et de Néleus, père de Nestor,
i. Diod., IV, 50-52. Hyg., Fab., 24.
2. On remarquera que les difl'érenU évi^ncmenls de la légende de Médée semblent confirmer la supposition, énoncée plus haut» qu'elle est une déesse du i'cu céleste, dont Taction macique s'exerce au sein de Torage, où elle a de redoutables cflcts. Sur les nionuincnts qui représentent cette fuite de Médée, v^ir 0. Jahn, Arch. Zettung, 1807, p. 50, pi. 124.
3. .ipoUod., I, 0, 28. Eurip., Mai.^ pnssim. En Attique, on disait qu'elle avait eu d*i£gée un fils, àlèdog, avic lequel, à l'arrivée de Thésée, elle se ictira en Asie, dans le pays d*Aria, dont les hibitants s appelèrent depuis les Medes (l'ausan., II, 5, 8).