‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 480 sur 550 · CORFNTHE. — SISÏPBOS. — GLAUCOS. — UËLLËROPHON · texte numérisé non relu

CORFNTHE. — SISÏPBOS. — GLAUCOS. — UËLLËROPHON

En quitlanl lu Grèce du nord pour entrer duns le Péloponèse rencontrons toutd'ubord la grunde cité de Corinthe, La situatio graphique de cette ville peut nous fiiirc deviner le otraclère doi des perfonnages divins qui y étaient honorés. D'une part, il fan tendre à trouver n Corinthe des religions étrangères apportées commerce des côtes de Phcnicie ou d'Asie Mineure; de l'autre, les dieux qui lui sont communs avec le reste de la Grèce, elle rendre un culte tout spécial à ceux de la mer, laquelle baigne àe: cOtés l'isthme où elle est assise. La même remarque peut s'app à ses principaux héros : Sisyphos, Glaucos, Bellérophon, dont allons analyser les légendes.

Les traditions qui concernent Sisyphos appartiennent à la éolienne. Il est en effet le frère de Crètheus, d'Athamas et de Salmc le fils d';Eolos'. Dans Vlliade, il est représenté comme le plus (ni^îtsts;) dos hommes*. L'habileté dont son nom eiprime peu l'idée^, son esprit fécond en ressources, ses artifices, devaient le rapprocher d'Ulysse, qu'on lui donna pour fils, en imaginant q ticléia, avant d'épouser Laêrle, avait été enlevée par Sisyphos*. N trait caractéristique de son histoire est le châtiment qui lui a é

1. \WsM., F,-agm.,yî.f, TM. àli[ Gùttliit);. Apullixl-' '• '• ^■ 3. Iliad., VI, 153. et. \>iDd.,0lginp.,\m,52: nuïïerarxnali^ïiî. AriWOph., ^t 301 : /..i;(ï.ii fà( ïcipsu.

3. U'oprûs Cui'liua (Grunds. d. Grierh. Etymol., p. <0S, G47), iitu-jt; cil Torn retloutilemenl. de la même rnciiie que ea^dj.

4. Sophocle. Philorl., «7. Vuil.i poopt|iroi. dici Vii^lc [.*>., Vf. 523), Ulypiw cil £olidti; |it:lil-lils tl'.Eolo9.

LÉGENDES DE GORINTHE. 579

fligé après sa mort. Sisyphosest condamné, dans Tlladès, à rouler péniblement, en s*aidant de la tête et des mains, un énorme rocher, sur la pente d'une montagne dont il ne peut jamais atteindre le sommet. On rendait compte de ce supplice en racontant qu'au moment où Asopos cherchait partout sa lîlle yEgine enlevée par Jupiter, le héros corinthien avait dénoncé le divin ravisseur ^ Jupiter, pour le punir, lui avait envoyé Thanatos. Le dieu de la mort, enchaîné d'abord par celui dont il voulait faire sa victime, n'avait dû sa délivrance qu'à Ares; ses liens une fois brisés, il avait entrahié avec lui Sisyphos dans les sombres demeures. Mais le héros rusé devait lui échapper encore une fois. Sur la terre, avant de mourir, il avait supplié sa femme de ne pas lui rendre les honneurs funèbres. Arrivé dans les enfers, il se plaint de la négligence dont il a été l'objet, trompe par ses habiles discours Pluton et Perséphone, et obtient d'eux la permission de revenir momentanément à la lumière pour punir son épouse. Sa vengeance accomplie, il refuse de redescendre dans le monde d'en bas et ne cède qu'à la violence d'Hermès. Cette perfidie était encore une des causes de son châtiment*. Faut-il admettre, avec Preller^, que ce châtiment est l'image de la mer agitée dont les vagues s'amoncèlent et s'élèvent comme des montagnes, pour retomber ensuite? Une telle interprétation est peut-être hasardée ; mais Sisyphos, père de Glaucos et époux de Méropè*, fille d'Atlas qui ab ite à l'occident de la mer, paraît appartenir à la famille des dieux marins •\

On distinguait chez les Grecs plusieurs personnages du nom de Glaucos. Outre le fils de Sisyphos, il y avait en Crète un Glaucos, fils de Minos, un autre àPotnia; de Béotie, qui était le héros d'une tragédie perdue d'Eschyle, un autre encore à Anlhédon, sur le canal d'Eubée. Mais tous ces êtres divins, malgré les variétés de leurs légendes locales, correspondent aux mêmes phénomènes naturels. Glaucos, c'est le flot bleu de la mer Egée, flot souvent troublé par les vents et les tempêtes, et qui s'était transformé en un être merveilleux dont on racontait les malheurs et la triste fin. Le héros de Corinthe est en rapport intime avec Poséidon, à qui l'on attribuait quelquefois la paternité de son fils Bellérophon*. L'antique et poétique assimilation des vagues à des

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