Pausin., VI, '20, 19. Noniius, Dionijh-., XI
'2. Les anciens expliquaient ce nom en disant que le héros avait tué le noble CorîntkieD Bclléros (Euslalh. ad lioni., p. 032. Tzeiz. ad Lycophr. 17). Ou bien, ils en tiraient l'élYmolojfie d'uir vieux mol t/'/syx = xax?. Parmi les modernes, Polt {Journal de Kuhn lY 416 .M|q.) r.ipproclic Bellérophon de \rilrahan, le meurtrier de Vriira, c'csl-à-dirc Indrt' Max Huiler {Ibid., V, 140l explique ^i/issoj par « villosus » (nionshe velu).
3. Pausan , 11,27, 2. Cl". Slackelberg, Grâber der Hcllcnen, pi. XXIX, et Mûller-Wieseler, 1. 1, n*' 51-52.
4. Thcogon., 285-80. CI". Eurip., Udkroph., ap. Schol.,[Aristopb., l^ac. 722
LEGENDES DE GORINTIIE. 581
noms d'Astrapè et de Bronlè * , on reconnaîtra sans peine dans Pégase une personnification du tonnerre, conçu comme un rapide et vigoureux coursier qui vole dans le ciel, docile à la volonté du héros solaire en lutte avec les démons de Torage. lieliérophon, son cavalier, joue donc à la fois, comme le remarque Preller*, le rôle d'Hélios et celui de Jupiter Kéraunios. Les Grecs, qui avaient perdu le sens de cette image, frappés du rapport du mot ïlriY^t^s; avec le mot T^JY^f;, disaient que le coursier de Belléroplion s'était abreuvé à la fontaine Pirène sur l'Acro- Corinthe, et que, dans Tilélicon, en frappant le rocher de son sabot, il avait fait jaillir la source d'ilippocrène'. De là la relation qu'on lui attribua plus tard avec lesiMuses. Peut-être d'ailleurs avons-nous affaire ici à une tradition antique, corroborée par une étymologie fausse. Si Pégase, en effet, est le coursier du tonnerre, n'avait-on pu se l'imaginer comme faisant jaillir sous ses pas les sources célestes, c'est-à-dire Peau des nuages? C'était à Corinthe que Beliérophon était devenu son maître. Le cheval ailé, sorti de la tête de la Gorgone, vole à travers les airs et s'abat sur PAcro-Corinlhe où il vient étancher sa soif aux eaux de la fontaine Pirène. Là, Beliérophon s'approche de lui, essaye de le surprendre et de le dompter, mais en vain. Sur le conseil du devin Polyidos, le héros se rend dans le temple d'Alhèna, une des grandes divinités de Corinthe, pour y passer la nuit. Alhèna lui apparaît en songe, et lui remet un frein d'or qu'elle lui conseille de montrer à Poséidon loL[f.7.Xzç, en sacrifiant au dieu un taureau blanc. Le héros, à son réveil, exécute ces recommandations, consacre un autel à Athèna [lippia^ et s'approche, avec le présent de la déesse, du cheval ailé. Celui-ci se soumet docilement au frein, et accepte sur son dos son cavalier chargé d'une pesante armure. Désormais Pégase sera le fidèle compagnon et serviteur de Beliérophon*.
Les événements qui suivent n'ont plus Corinthe pour théâtre. Le héros, souillé du meurtre involontaire de son frtre, s'était retiré auprès du roi de Tirynthe qui le purifia, mais se vit bientôt contraint de l'exiler. L'histoire de Beliérophon chez Prœtos est celle de Pelée chez Acastos. Ici, nous n'avons heureusement qu'à résumer le récit développé du sixième chant de VIliade. Le héros corinthien, à qui les dieux avaient donné à la fois le courage et la beauté, enflamme d^un coupable amour
1. Eiimélos clioz llyfrin, Fab., 183. Scliol., Eiirip.,* Phœn.^ 3.