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il emploie la force. Suivant diflcrentes traditions, il perce Argos de son épée, ou le tue avec une pierre, ou bien encore il lui coupe la tête, après ravoir d'abord endormi au son de sa flûte. lo^ échappée à son surveillant, retrouve momentanément sa liberté*.
Il est nécessaire de nous arrêter à ce premier acte du drame légendaire d'Io pour essayer d'en pénétrer la signification. Le rôle d'Argos est surtout important à déterminer. A partir de l'époque des tragiques, Argos est représenté comme un géant aux yeux innombrables ', dont les uns, dit Euripide, s'ouvrent avec le lever des astres, tandis que les autres se ferment avec leur coucher'. On racontait plus tard que ces yeux brillants, après la mort de leur possesseur, avaient été transportés par liera sur la queue du paon, Foiseau au plumage constellé ^ Ces images indiquent qu'Argos était devenu, chez les Grecs, la personnification du ciel étoile. Cette interprétation, adoptée par la plupart des mythologues modernes, ne peut se soutenir, si l'on se reporte aux textes les plus anciens qui décrivent le personnage d'Argos. Le nombre illimité des yeux du bouvier céleste est un développement tardif de sa légende. D'après un fragment du vieux poème hésiodique WEgimios, Argos est un être grand et puissant, doué de quatre yeux seulement qui regardent dans des directions diverses*. Suivant Phérécydès*, Hèra avait placé un œil sur sa nuque, et quelques vases peints lui prêtent un double visage, comme au Janus des Latins ' . Ce surveillant du ciel doit donc avoir personnifié d'abord le double crépuscule : celui du soir, celui du matin surtout, puisque, d'après l'étymologie de son nom, il est brillant et lumineux (apYsç). N'est-il pas d'ailleurs le héros ::av6îrn;;, celui qui voit tout; épithète qui lui est commune avec H<'»lios. avec Zeus lui-même, et qui s'appliquerait difficilement au ciel étoile^? 11 est à remarquer en outre qu'Ar<^'os tue un taureau qui dévastait l'Arcadie, un Satyre qui volait des troupeaux, et qu'il met à mort Échidna, fille du Tartare et de la Terre' : exploits qui le rap-
1. Apollod., IF, 1, 3. Ilyg., Fab., 145. Ovid.. Metam,, I, 722.