‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 489 sur 550 · Prometh., 703 sqq. 788 sqq · texte numérisé non relu

Prometh., 703 sqq. 788 sqq

dirifrer d'abord sa course vers la mer Ionienne a sa raison unique dans le rapprochement établi par les Grecs entre le nom de cette mer et celui de la fille d'Inachos. Le passage du Bosphore a son origine dans une interprétation du même genre. Mais, malgré ces variantes, le terme assigné aux courses dlo est toujours le même : c'est l'É^ryple, ou, d'une façon plus expressive, ce sont les bords du fleuve i£thiops, • là où vivent les peuples qui habitent près des sources du soleil*. C'est dans cette région de la lumière qu'Io retrouvera son ancienne forme. Pour qu'elle redevienne ce qu'elle était, il suffit que Jupiter fa touche et la caresse doucement de la main. Bientôt, elle met au jour Epaphos (l'enfant du toucher), dont le nom seul a pu donner lieu à la fable de sa naissance '.

Mais ici la légende d'Io s'altère de mélanges étrangers. Les Grecs entrés en relation avec l'Egypte avaient identifié Epaphos, fils d'Io et de Jupiter, avec Apis'. Épaphos était îiinsi devenu un roi de la féconde vallée du Nil, un fondateur de villes, entre autres, de la grande cité de Memphis*. En Phénicie, Astarté, représentée quelquefois avec les cornes d'une vache, s'était confondue également pour les Grecs avec lo. De là, la fable rapportée par Apollodore. Quand Épaphos naquit sur les bords du Nil, Hèra, dans sa colère, ordonna aux Curetés de faire disparaître l'enfant. Les Curetés obéirent, et, pour avoir obéi, furent tués par Jupiter. La malheureuse mère courut partout à la

i ; recherche de son fils : elle le découvrit enfin en Syrie où il était nourri

et élevé par la reine de Byblos. A son retour en Egypte, elle épousa le roi Télégonos*. Le dénouement des aventures d'Io et les lémoignagncs unanimes de l'antiquité démontrent que, depuis l'époque d'Hérodote au moins, la fille d'Inachos fut confondue avec la déesse éyptienne Isis. Cette confusion remonte-t-elle plus haut et a-t-elle pu exercer une influence notable sur la fable de l'héroïne grecque? C'est ce qu'il appartient aux égyptologues plutôt qu'à nous de décider**. L'identification d'Io avec Isis explique l'origine prétendue égyptienne

il du héros argien Danaos, surtout connu dans la poésie grecque par les

aventures de ses filles. La généalogie inventée pour le rattacher à la

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2. lOid., 845-848. Mosch., Idyll., II, 50 sqq. 5. Ilerod.. H, 153; 111,27.

4. Pind., iVm., X, 5. Pyth., IV, 4. JFMi., Suppl., 565, Weil.

0. Sur In lépondc d'Io, outre la disscrtalion d'Ovorbeck citée plus haut, voir l'étude <lc M. ni{ïn.ird, le mijtitr (Vlo [Compter rendus de l'Acad. hiscript., 186S,p.255 ?qq.).L*ëlmlc la plus complète sur les monunionls rclnlifs à ce mythe est celle d'Orerbeck, Griech. Kun9tmylhoiogic, I, Zem, cliap. xx. Cf. R. Engclmann, de lone (6erlin, 1868).

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