‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 49 sur 550 · III. — LÉGENDES MYTHOLOGIQUES DE ZEUS · texte numérisé non relu

III. — LÉGENDES MYTHOLOGIQUES DE ZEUS

La contradiction qui existe souvent entre le sentiment religieux des Grecs et leur mythologie, n'est nulle part plus frappante que dans la personne de Zeus. 11 est le premier de tous les êtres ; et cependant il a un père et une mère. Il est tout-puissant ; et cependant son enfance et sa jeunesse ont eu à traverser de périlleuses épreuves. Il est le plus majestueux des dieux ; et sa majesté s'abaisse à de honteuses faiblesses et se compromet dans de scandaleuses aventures d'amour. Ce maitre du monde est, en même temps, un dieu à forme humaine qui, comme les autres, a eu sa naissance et dont on racontait l'histoire. La conception de Jupiter, si haute qu'elle ait été dans l'esprit des Grecs, n'a donc pas échappé complètement à la maladie mythologique qui , de toutes parts, altérait la religion. Sans doute les mythes qui se rattachent à la personne de Zeus sont, en partie, d'origine étrangère, et on ne voit pas qu'ils aient étouffé dans les âmes le sentiment de la divinité suprême ; mais ces mythes ont eu cours de très-bonne heure en Grèce ; ils ont été traités par les poètes ; ils ont fait partie des traditions et des croyances populaires. Il nous faut donc les étudier attentivement et essayer de nous en rendre compte.

L'épithète de Kpovicov appliquée à Zeus a pu suffire, nous l'avons vu, à lui faire donner pour père Cronos : divinité qui a tenu peu de place dans le culte grec^ et qui parait avoir eu surtout une valeur théogonique. Zeus est donc le fils de Cronos : ce qui signifiait originairement le fils du Temps, celui qui existe de tout temps. Comme il avait un père, il fallut lui trouver une mère. Cette mère de Zeus, c'est, dès les temps homériques, lihéa^ divinité empruntée parla Grèce aux religions de l'Asie Mineure. Rhéa n'est, vraisemblablement, autre chose que la Terre, considérée dans son action créatrice et dans son inépuisable fécondité'. D'après le mythe hésiodique, Rhéa mettait au jour de nombreux enfants ; mais ces enfants, à peine sortis des entrailles sacrées de leur mère et déposés sur les genoux de Cronos, étaient aussitôt engloutis par leur père' : image du temps qui consume impitoyablement toutes les existences terrestres. Cependant cette période de destruction

1. Paus.y i, 18, 7, ne cite qu*un seul temple consacré à Cronos et à Rhéa. La fêle athénienne des Cronia est un des rares témoignages de son culte (V. Schocmann, Griech. Alterth, II, p. 4(>5). On lui sacriliait à 01ympie> à Véquinoxo duprintcuips (Paus., VI, 20, 1).

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