‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 517 sur 550 · Liv. IV, cliup. ui, p · texte numérisé non relu

Liv. IV, cliup. ui, p

LÉGENDES CRETOISES. 623

légende comme dans celle qui a été citée plus haut, le Minolaure est probablement le monstre de Forage, ou, dans un sens plus étendu, le monstre de l'hiver orageux, vaincu par le héros solaire*. Le nombre des victimes qui lui étaient offertes, nombre qui joue un rôle important dans la religion d'Apollon*, paraît correspondre à une antique division des saisons de Tannée. Il est donc possible que les sept jeunes garçons et les sept jeunes filles athéniennes représentent les soleils et les lunes des sept mois de la belle saison, sacrifiés au monstre dévorant de l'hiver et délivrés par le dieu de la lumière printanière.

A la légende de Minos se mêle celle de Dédale (AafôaXoç), légende qui appartient à la fois à la Crète et à TAttique. Dans ce dernier pays, Dédale , héros éponyme du dème des DsBdalidœ , fils d'Ëupalamos ou de Palamaon ' (l'homme industrieux , à la main habile) , était l'artiste légendaire auquel on attribuait indistinctement toutes les œuvres de l'architecture et de la sculpture primitives. A la suite d'un meurtre, il avait été banni par l'Aréopage athénien et s'était réfugié en Crète ^. Là il emploie son talent à composer de magnifiques ouvrages, entre autres le célèbre bas-relief en Thonncur d'Ariane, représentant un chœur de danse, dont on trouve la description dans Homère '. Minos le charge de construire le labyrinthe destiné à enfermer le Minotaure. Mais bientôt il encourt la disgrâce et la colère du roi qui lui donne le labyrinthe même pour prison. Grâce à son industrie, il réussit à s'en échapper en fabriquant pour lui et pour son fils Icare des ailes (fîg. 178) qui leur permettent de s'élever dans les airs et de fuir les rivages de Crète. Dédale arrive sain et sauf en Sicile, à Camicos, résidence du roi Cocalos ; mais le fils, indocile aux conseils de son père, vole à une telle hauteur dans les espaces célestes, que ses ailes de cire fondent sous l'ardeur des rayons solaires et qu'il tombe dans la mer qui s'appellera, de son nom, la mer Icarienne *. Cette chute rappelle celle d'Héphaestos, celle de Phaéthon, celle de Bcllérophon surtout, héros ailé comme Icare; elle doit avoir la même signification ^. De même Dédale, l'artiste merveilleux qui fabrique <c de brillants ouvrages », nous parait simplement une forme secondaire d'Héphaestos, l'artiste divin. Il est sans doute, comme celui-ci, un dieu du feu : du

i. Telle est aussi l'interprétation donnée par M. Schwartz, Ursprung der Mythologie p. 184, 188.

Page 1