Cf. liï. Il, chap. <ni. p
i>. Les Jécsses lunaireii sont, en (renierai. Hci cncliaiilcrcssea. Cf. Ilétktc, Cii'cx-. 7. Apollod., m, IS, 1. Antun., Lib. XLI.
G-22 MYTHOLOGIE DE Ik liKÈCE ANTIQUE.
ses désirs, en offrant à leur satisfaction Torgane d'une clicvrc, destine à recevoir les monstres auxquels il donnait naissance^. Ce détail singulier paraîtra moins répugnant, si l'on songe à la signiGcation naturelle qu'il dut avoir primitivement. La chèvre (aiç, cd-^iq) se confond peutêtre, en effet, ici avec l'égide (a?Y'';)» c'est-à-dire avec la tempête, et les serpents sont l'image ordinaire des nuées orageuses. Minos qui, d'après d'autres fables, est un dieu solaire, peut donc être considéré, dans celle-ci, comme une divinité de l'orage, de même que Jupiter est tour à tour le dieu de la lumière et le dieu «17^x5?.
Est-ce à ce dernier caractère de Minos qu'il faut rattacher la tradition de ses cruautés, telle qu'elle s'était développée surtout en Attique'? Il est plus vraisemblable que cette tradition a pour motifs d*anciennc$ pratiques du culte du Minotaure ou Minos-taureau dans l'ile de Crète, où on lui sacrifiait autrefois, comme à Baal-Moloch en Phénicie, des victimes humaines, particulièrement des enfants'. Ce fait, rattaché au souvenir, plus ou moins exact, de la soumission de TAttique à l'empire maritime de la Crète, explique en partie la fable du tribut vivant payé jadis par Athènes au Minotaure. On racontait qu'Androgéos, tils de- Minos, ayant vaincu tous ses concurrents à la fête des Panathénées, fut envoyé par y£gée pour dompter le taureau de Marathon, et qu'il succomba dans l'entreprise. Minos voulut venger la mort de son fils; il mit le siège devant Athènes. Comme la guerre tramait en longueur, il supplia Jupiter de châtier ses ennemis. La peste et la famine déciment à la fois la cité qui, pour apaiser les dieux, choisit d'abord comme victimes expiatoires les filles d'Iiyacinthos. Ce sacrifice ne met pas un terme au fléau. Les Athéniens, dans cette circonstance critique, consultent l'oracle qui leur conseille d'accorder à Minos la satisfaction qu'il leur demandera. Celui-ci exige que, chaque année, sept jeunes garçons et autant de jeunes filles soient envoyés d'Attique en Crète, pour y servir de pâture au Minotaure enfermé dans le labyrinthe construit par Dédale*. Nous avons vu, dans un des précédents chapitres, comment Thésée, grâce à l'amour qu'il inspire à Ariane, fille de Minos, triomphe du monstre et délivre Athènes du cruel tribut qu'elle payait au roi de Crète'. Il nous suffira de rappeler ici que, dans cette
1. Ibid., xÛTriv alybç hi^xMv sic yvvaubi '^w»tv xul ô }i(v6iç toù« o<^ttç irfôrcpov c(6epty«y «es Thv xûffTiv.... Cf. lléphaeslos, dieu du feu culcste, duimant naissance a ÉrichUioiiios, â U queue de serpent.
2. Sur cctlc conlradiclion entre le caracUrc homérique de Miuoset celui quo lui prêtaient les fables attiques voir Platon, Minos, 518-319.