‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 58 sur 550 · Ap. Schol. Soph. Trachin · texte numérisé non relu

Ap. Schol. Soph. Trachin

du mont Tomaros, consacre au dieu de la foudre qui éclate souvent sur ses sommets S tandis que dans les vallées Zeus était honoré, sous le surnom de Niïoç', comme le dieu de Thumidité nourricière et des sources fécondantes. Le pays entier était rempli de sa religion. Mais Zeus était surtout présent dans son sanctuaire de Dodone. Ce sanctuaire était un chêne d'une majestueuse élévation, dont les puissants rameaux, agités au souffle du vent, annonçaient par leurs bruissements la volonté du dieu qu'on venait y consulter.

L'arbre prophétique de Dodone est déjà connu des personnages de V Iliade^ y et, dans cepoëme, le chêne est l'arbre consacré à Zeus* : antique tradition que nous rencontrons en Italie où l'on honorait Jupiter FagutaliSy et qui existait aussi chez les Celtes et chez les Teutons. En Épire, le chêne de Dodone était le chêne à glands doux (^r^Y^^s) ^^'^^ ^^^ fruits passaient, là comme ailleurs, pour avoir été la nourriture des habitants primitifs du pays. Il est donc possible que cet arbre, premier nourricier de la race humaine, ait été, à ce titre, consacré au dieu qui en est le père. Le chêne sacré de Zeus paraît cependant avoir eu une signification plus générale, et il est difficile de ne pas rapprocher cette tradition de la tradition de Yarbre céleste, commune à toute la racd arienne. Cet arbre est, d'après Âdalbert Kuhn'^, l'image des bandes de nuages qui s'étendent et se ramifient dans le ciel et semblent envelopper le monde entier de leurs vastes branches. Dans la mythologie védique, il a pour fruit la foudre, dont le rameau enflammé est dérobé par un oiseau divin et apporté par lui sur la terre. En Grèce, le mouvement des nuages qui s'entre-choquent au souffle de la tempête et d'où s'échappe la voix grondante du dieu al-^ioyo^y a pu suggérer l'idée de In puissance fatidique du chêne de Zeus. Sur l'arbre de Dodone nichaient des colombes sacrées. Les colombes sont, d'après les témoignages les plus anciens, en relation avec le dieu : ce sont elles, dit le pocto homérique, qui apportent l'ambroisie à Zeus père*. Leur fonction est donc analogue à celle de l'aigle de Zeus qui enlève Ganymède : Ganymède devenu l'échanson des dieux, après avoir été simplement à l'origine

i. De là le nom de Zeus Tomaros (Dcmosth., Mid.^ 55) ou Tmarios (Ilesycli.). Leake, No/'lh, Greece, IV, 198, remarque que le pays de Janina est très-sujet aux ornges.

2. Stcph. Byz. ^uStHivri, Ses fêles portaient le nom deNâa. C 1. (ir.^ 2908. M. Garnpanos, dans les fouilles qu'il a exécutées sur remplacement de Dodone, a trouvé plusieurs inscriptions en l'honneur de Zeus NcéVoç. U lus a récemment publiées, p. 40 et suiv. de son ouvrage sur Dodone et ses ruines^ Paris, Hachette, 1878.

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