‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 59 sur 550 · Odyss., XII, 02. CI. Plut., Sept. Sap, Cotiv · texte numérisé non relu

Odyss., XII, 02. CI. Plut., Sept. Sap, Cotiv

la boisson divine source d'immortalité, Tambroisie, c'est-à-dire l'eau inépuisable des nuées qui féconde la terre dont elle ranime et entretient la vie immortelle. D'après une autre image Familière à la mythologie arienne, l'oiseau aux ailes rapides, aigle, épervier, ou colombe, qui de l'arbre céleste apporte la foudre sur la terre, n'est autre chose que l'éclair dans son vol *. Les colombes qui offrent l'ambroisie au maître des dieux représenteraient donc la blanche lumière de l'éclair qui semble apporter le breuvage divin, les eaux célestes enfermées dans les nuages orageux qui se résolvent en pluies.

Si le chêne de Dodone était l'organe de la parole de Zeus, ce langage, vaguement exprimé dans les frémissements mystérieux du feuillage sacré, avait besoin d'être interprété. Ces interprètes du dieu étaient les Selles (IsXXo'! ou 'EXXoi), dont le nom est sans doute celui des premiers habitants de THellopia*. Les Selles, sur lesquels nous n'avons que peu de renseignements ', paraissent s'être livrés à des pratiques d'ascétisme dont on ne trouve plus tard presque aucune trace dans le culte grec. Ils n'avaient d'autre couche que la terre dure et négligeaient de donner à leur corps les soins les plus nécessaires (àviTCxoxoBcç). A l'oracle de Dodone furent également attachées plus tard des prétresses qui portaient le nom de IleXsiai ou IleXeiaBsç. Le mot TcsXia, qui dans le dialecte de la Thesprotide signifiait a une vieille femme* », indique que, dans le principe, c'était aux femmes les plus âgées des tribus pélasgiques d'Épire qu'étaient confiées les fonctions sacerdotales. Mais l'identité de ce mot avec celui qui en grec signifie « colombe » (xéXsia) mettait ces prêtresses en relation mystique avec les oiseaux sacrés du dieu, et fut sans doute l'origine de la fable par laquelle Hérodote, sur le témoignage des trois prophétesses de Dodone, explique la fondation de l'oracle. Deux colombes noires, rapporte- t-il, s'étaient envolées en même temps de Thèbes en Egypte : l'une s'était dirigée vers la Libye; Tautre était arrivée en Thesprotide où elle s'était posée sur un chêne, et, douée tout à coup de la parole humaine, avait ordonné aux habitants du pays d'instituer en l'honneur de Zeus un sanctuaire et un oracle '. La colombe de Libye avait tenu le même langage et présidé à la fonda-

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