Fausan., VII
3. Hèra Péiasgis est la proicctrice de Jason ^Apollon., /4r</o/i, I, 14).
4. Voir Fôrsler, Ubcr die nilestcn llerabilder, Proj;r., Dreslau, 18()8. Overbi'ck, (f'rt^rA. Ku/ulmytfiol., Hèra, p 12 et ^ulv
t)K MYTUOLOGIii: DE LA GRÈGE ANTIQUE.
qu'il appartenait à Polyclète, sinon de créer, du moins de fixer dans la beauté d'une œuvre souveraine. De même que Jupiter et Alhèna devaient à Fliidias leur image idéale, nulle représentation dUèra ne surpassait celle qu'avait conçue et exprimée Polyclète. « C'est la déesse aux bras blancs, aux bras d'ivoire, au regard magnifique, au splendidc vêtement, c'est la royale déesse assise sur un trône d'or, » dit Maxime de Tyr*. La courle description de Pausanias, qui ne nous apprend rien du caractère de la figure dllèra, nous indique du moins les attributs caractéristiques dont Polyclète avait accompagné cette représentation. (( La statue de la déesse assise sur un trône, est remarquable par sa grandeur : elle est d'or et d'ivoire. Sa tête est surmontéedunÀ/^p/ianosoù sont travaillées en reliefles images des Charités et des Heures. L'une de ses mains tient le fruit de la grenade, l'autre le sceptre au sommet duquel est posé un coucou *. » Chacun de ces détails a une signification mythologique. Le trône et le sceptre indiquent la dignité de la souveraine du ciel. Le coucou fait allusion à l'hymen sacré des époux célestes, à cette joyeuse union qui vivifie la nature et fait éclore la végétation printanicre. La pomme de la grenade est le symbole de l'amour conjugal de la jeune épouse de Jupiter et de son heureuse fécondité. Quant au stêphanos, sorte de diadème ou de couronne élevée par le milieu, amincie aux extrémités, qui ornait la tête de la déesse de Polyclète et que l'on observe sur la plupart des bustes et des statues d'IIèra , la signification en est moins évidente. Le stéphanos paraît n'être qu'une variante du polos^ autre ornement, de forme cylindrique, qui couronne souvent la tête de la déesse, et où (icrhard ' a cru reconnaître un symbole de la voûte céleste, analogue au croissant et aux étoiles qui accompagnent quelquefois les rej^résentations d'IIèra, en particulier sur les monuments de Samos. Il est plus probable que le polos et le stéphanos doivent se rapprocher du modius que portent les divinités asiatiques, et qui est un symbole de l'abondance. C'est ce qu'indiquent les ornements végétaux dont est souvent parée la coiffure de la déesse * et la représentation des Charités et des Heures sur la tête de la statue de Polyclète. Ces divinités font, en elTet, allusion à l'éclat printanier et à la maturité des fruits que la chaude saison fait éclore.
Les monuments qui nous ont conservé le type artistique d'IIèra et dont quelques-uns dérivent, plus ou moins directement, de l'œuvre de
i. Diatierl.^ XIV, 6.