H«Mo.|.,H, r
IIÈUA. 67
premiers sanctuaires. Si liera eût été étrangère aux Pélasges, on comprend difiicilcmcnt comment elle aurait, de si bonne heure, partagé avec Zeus la souveraineté de TOlympe. Si sa religion n'avait pas eu, dès 1*01 igine de la civilisation grecque, un caractère dominant, si elle avait été une simple religion locale « loin de se développer avec la civilisation helléni']ue, dit M. Yinet\ elle serait tombée dans Toubli, comme il est arrivé à une foule de dieux, réduits au rôle de héros et de génies pour avoir subi le contre-coup des révolutions politiques et des migrations de races. » Ne trouve-t-on pas d'ailleurs le souvenir du culte que les Pélasges rendaient aux arbres, symboles de la fertilité de la terre, dans certains usages de la religion dllèra : dans les fêtes du Cilhéron, appelées les Diedala, où Timage de la déesse était grossièrement taillée dans les branches d'un chêne, à Samos où Ton attachait et l'on déliait tour à tour sa statue avec des touffes d'osier? D'après certaines traditions, c'étaient les Argonautes qui avaient érigé le temple de Samos*, et une fille d'Eurysthée était venue d'Argos à Samos pour y être la première prêtresse d'Hèra. Le culte de Samos semble ainsi dériver de celui d'ArgoIide, et c'est à une époque relativement tardive que la Junon samicnne s'est modifiée sous l'influence des religions phéniciennes, comme l'indique son caractère de déesse lunaire. 11 faut donc maintenir l'origine pélasgique de la religion d'IIèra qui, partie de la Thessalie où elle avait laissé des traces à lolcos', aurait été se fixer à Argos, après s'être arrêtée en Béotie, en Eubée et en Attique. D'Argos, elle a rayonne sans doute à Épidaure, à Corinthe qui devait la transporter dans sa colonie de Corcyre, à Sparte qui la transmit à son tour à la ville crétoise de Cnossos, d'où elle a pu se propager jusqu'à Rhodes.
Les premières et grossières images d'Hèra, telles que la longue colonne qu'on voyait à Argos, le tronc d'arbre équarri qui la représentait dans le Cithéron, la solive à peine dégrossie qui fut son idole à Samos, n'ont rien qui mérite de fixer l'attention. Les monnaies archaïques de Samos peuvent nous donner une idée de ses plus anciennes statues de bois, de celle peut-être qu'on attribuait au ciseau de Smilis*. Nous y voyons la déesse debout, les mains appuyées sur deux supports, la tête couverte du polos, et tout le corps enveloppé d'un long voile. Cette image n'exprime encore que très-imparfaitement le type d'Hèra