Eckhel,, Doctr. Num. Vel., II, 484, sqq
tincles : celles (|ui se rapportent à son caraclère guerrier ; celles qui la représentent comme la protectrice des arts de la paix.
De ces deux caractères opposés, le premier est le plus ancien ; c'est celui qui domine dans Tépopée et dans les hymnes homériques. Si, d'après Tinterprétatioii qui précède, Athèna a d'abord personnifié le phénomène de Téclair, on s'explique comment elle est une déesse animée de goûts belliqueux, à la brillante armure, a la longue lance. Les principaux événements de sa légende rendent témoignage de cette idée. On disait qu'elle avait pris part au combat des dieux et des Titans, et qu'elle avait renversé Encelade en lançant contre lui son quadrige *. Dans cette même lutte, elle avait, suivant une tradition attique, tué elle-même la Gorgone *. D'après les récits ar^iens, c'était Persée qui avait accompli cet exploit, mais Athèna avait reçu de ses mains la tète de la Méduse et l'avait placée au centre de son bouclier: objet de terreur pour ses ennemis'. Le Gorgonéion, qui sera toujours un des attributs essentiels de la déesse, était donc le trophée de sa victoire. Or, les Gorgones, dont Hésiode fixe le séjour au delà de l'océan occidental, près de la Nuit et des Hespérides *, sont des puissances des ténèbres. La Méduse est donc, vraisemblablement, l'image du nuage orageux qui cache la lumière du jour ; monstre redoutable qui ne peut être vaincu que par le héros solaire (Persée) ou par la déesse de léclair (Athèna). La tète de la Gorgone est inséparable de Végide, dont elle occupe le centre et dont elle est l'ornement nécessaire. « Autour de ses épaules, dit le [ioëte homérique, Athèna jette l'égide frangée, arme terrible dont la Peur et la Fuite forment la bordure ; on y voit la Discorde, la Force, la Poursuite qui glace d'effroi ; on y voit encore la tète de la Gorgone, horrible monstre à la face épouvantable, prodige de Zeus, le dieu de l'égide » '. Le manteau de peau de chèvre qui couvre les épaules d'Athèna et qui fait partie de son armure, rappelle inévitablement l'égide de Zeus, et doit avoir un sens analogue. Or, nous avons vu que l'égide de Jupiter représente la nuée d'orage qui déchaîne la tempête. C'est là sans doute cette nuée épaisse qui s'ouvre, par les soins des Heures, quand Athèna, tout armée, « montée sur son char flamboyant, franchit les portes du ciel » '. Les serpents, dont les bords de légido
i. P.iusaij., VIII, 42,1. D'après Apollodore (I, C, 2), Alhèna avait précipité sur Enechule Tile (le Sicile.