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sont souvent hérissés, personnifient également les monstres ténébreux domptés par l'éclatante déesse.
Kn raison de ce caractère, Alhèna devait jouer un rôle important dans une épopée guerrière comme celle de VIliade. Elle ne se borne pas à inspirer aux héros qu'elle protège l'audace qui leur fait affronter intrépidement le péril, à leur communiquer le sang-froid, la bravoure calme et réfléchie dont elle est elle-même la plus haute image et qui la distingue d'Ares, le dieu à Taveugle et inintelligente fureur. Son intervention est souvent plus active. Tandis que Zeus n'assi^te que des sommets de l'Olympe ou de l'Ida aux grandes luttes engagées sous les murs de Troie, Athèna ne s'intéresse pas seulement aux querelles des hommes : elle descend dans la mêlée; elle lutte et combat avec les héros. Sa puissance guerrière est irrésistible. Dans la bataille fantastique que se livrent les dieux, au vingt-et-unième chant de VIliade^ elle triomphe d'Aphrodite ; elle est plus forte qu'Ares lui-même, qu'elle renverse et qu'elle terrasse. Certaines de ses épilhèles la désignent comme la déesse infatigable dans les combats (dêxpuTtovY)), comme celle qui pousse en avant les masses des guerriers (Xaocwo;). En un mot, elle est pour la race hellénique la déesse des armées. Dans la Théogonie et dans les hymnes homériques, Athèna est la divinité « terrible, au cœur impitoyable, qui se plaît au tumulte des batailles dont elle excite les fureurs ; elle est la terreur des armées, la destructrice des villes, la déesse de la proie et du butin ^ »
Les combats mythiques soutenus par Athèna étaient représentés dans une cérémonie curieuse de son culte en Libye. Chaque année, au jour de sa fête, les jeunes filles du pays se partageaient en deux camps, en deux armées, et se livraient un combat, réel ou simulé, à coup de pierres et de bâtons. « Elles prétendaient par là, dit Hérodote, s'acquitter d'un devoir religieux traditionnel envers la déesse née dans leur pays et qui est celle que nous appelons Athèna*. » Avant la lutte, on choisissait parmi ces vierges la plus belle ; on chargeait sa tête du casque corinthien, son corps de la panoplie hellénique, et on la promenait, ainsi équipée, sur un char, autour du lac Tritonis. Cet usage, s'il a une origine grecque, était évidemment un hommage rendu au caractère belliqueux d'Athèna. Dans la Grèce propre, ce même caractère s* exprimait dans le culte dont elle était l'objet sous le surnom de 'ApEia. A Platées, Athèna Areia avait un sanctuaire bâti des dépouilles
1. Theofjon.f 925. Hymn. Hom., xxviii. Cf. les cpitliùtes de iypgfiiyjfi* fo^synrpxn^, JnfjtTcç, etc.