‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 116 sur 152 · Frohner : Sculpture antique , n · texte numérisé non relu

Frohner : Sculpture antique , n

flG. 99- — DIONYSOS.

.(Musée du Louvre.)

hautes bottines appelées endromides. D’autres fois, la nébride s’ajuste sur une courte tunique de lin, qui voile à demi des formes pleines et rondes : c’est le costume porté par Dionysos sur les bas-reliefs de la Gigantomachie de Pergame. Enfin, on connaît des statues, analogues à celle de Munich, oü le bas du corps disparaît sous les plis d’un manteau. Les attributs ordinaires du dieu sont le thyrse entouré de feuillage et surmonté d’une pomme de pin , et la panthère qui le caresse, comme ferait un chien.

Les épisodes de la vie divine de Dionysos, qui ont pu fournir des motifs aux compositions artistiques, sont fort nombreux. Sa double naissance, lorsqu’il sort d’abord du sein de Sémélé, puis de la cuisse de Zeus, est traitée fréquemment sur les pierres gravées et les vases. Un élégant cratère de marbre du musée de Naples, décoré de reliefs par Salpion d’Athènes, nous montre une scène de l’enfance du dieu : Hermès, suivi de Satyres et de Ménades, l’apporte à la nymphe Nysa, qu’entourent des personnages mystiques symbolisant l’initiation. Quand le dieu a grandi, et qu’il parcourt le monde, poussé par son humeur vagabonde, ses voyages sont fertiles en incidents; les légendes locales les multiplient à plaisir. Capturé par des pirates tyrrhéniens, il leur dévoile tout à coup sa divinité, et les métamorphose en dauphins : la jolie frise du monument choragique de Lysicrate représente cette scène. Ses amours avec Ariadne, à Naxos, offrent aux peintres de vases un sujet souvent traité; mais l’art représente plus volontiers l’épisode final de la légende, le mariage^ sacré qui réunit les deux époux sous un berceau de lierre, ou

dans l’Olympe, au milieu d’autres couples divins. Dans ses courses lointaines, le dieu visite les régions les plus reculées de l’Asie : « J’ai quitté les champs de la Lydie, si riche en or, et ceux des Phrygiens ; j’ai traversé les plaines brûlantes de la Perse, et les villes de la Bactriane, et les frimas de la Médie, et l’Arabie fortunée, et toute l’Asie baignée par l’onde amère, avec ses cités populeuses et fortes, oü les Grecs se mêlent aux barbares1». Ce voyage triomphal a inspiré l’auteur d*une curieuse peinture de vase 2 du meilleur style : le dieu, vêtu à la mode orientale, s’avance, porté par un dromadaire; il est précédé et suivi par des femmes lydiennes et par des Phrygiens aux vêtements bariolés, jouant de la lyre ou du tambourin. C’est comme le commentaire figuré des vers d’Euripide que vous avons cités.

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