‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 118 sur 152 · Monumenti inediti dell* Inst. T. I, pl. L, A · texte numérisé non relu

Monumenti inediti dell* Inst. T. I, pl. L, A

l’énergie intense de la vie physique. Au premier rang viennent les Satyres. Iis ne sont à l’origine que les êtres sauvages et surnaturels dont l’imagination populaire peuplait les montagnes et les forêts; par une sorte d’affinité, ils entrent dans le cortège de Dionysos, et deviennent les compagnons habituels du dieu. Leur type figuré résulte de l’alliance de la nature humaine et de la nature animale; une queue de cheval s’ajuste à leur corps: ils ont le nez camard, un profil bestial, des oreilles de chèvres, droites et pointues. Leur front chauve est encadré par les boucles d’une courte chevelure; la barbe est longue et flottante. Quant aux formes du corps, elles sont tantôt sèches a l’excès, comme il convient à une race pétulante et lascive, tantôt molles et bouffies, accusant ainsi un penchant prononcé pour l’ivrognerie, et des instincts sensuels. Hésiode peint d’un trait leur nature morale : c’est « une race lâche, et qui n’est bonne à rien1 ».

L’art leur conserve longtemps le type que nous avons sommairement décrit. Le Marsyas de Myron, dont une bonne statue du Latran nous offre une réplique, est un Satyre nerveux et maigre, à la barbe touffue, et le Marsyas de Patras, conservé au Musée Britannique, procède du même type. Sur les vases d’ancien style, comme dans les peintures céramiques plus récentes, les artistes ne s’écartent pas de cette tradition, et représentent surtout des Satyres chauves et barbus. Peu de sujets sont plus fréquemment traités par les peintres de vases, qui trouvent dans les occupations habituelles

. Cité par Strabon, L. X, 3, 19.

des Satyres une source inépuisable de fantaisies. D’humeur inquiète et mobile, ces joyeux compagnons de Dionysos sont sans cesse en action : les voici pour-

suivant des Nymphes, comme sur les monnaies de Thasos, oü le graveur a énergiquement rendu la bestialité de leur nature; ailleurs ils jouent de la flûte, ou bien, dans le comos dionysiaque, mêlent leurs gambades capricieuses aux danses orgiastiques des Ménades. La comédie attique contribue à les rendre populaires. On sait que leur couardise et leurs instincts grossiers

fournissaient des éléments comiques au drame satyrique athénien. Dans le Cyclojpe d’Euripide, Ulysse les appelle en vain à son aide pour enfoncer le pieu rougi dans l’œil unique de Polyphème: ils hésitent et se dérobent.

La peinture de vases, qui n’est pas soumise aux mêmes exigences que la plastique, se plaît à reproduire les Satyres sous ces traits traditionnels. Toutefois, au ive siècle, la sculpture conçoit un type où l’expression bestiale est fort atténuée. On connaît par les textes la statue de Praxitèle qu’ Athénée appelle « le Satyre de la rue des Trépieds 1 », et dont le marbre du Capitole nous offre peut-être une réplique. Si cette charmante figure n’est pas inspirée directement par l’œuvre du sculpteur athénien, elle traduit la même conception. Le Satyre capitolin 2 n’a plus rien de brutal : seules, ses oreilles pointues et la nébride qu’il porte en sautoir rappellent ses origines; son attitude nonchalante, ses formes élancées, lui donnent toute la grâce d’un éphèbe. Ce nouveau type juvénile et tout à fait humain du Satyre est multiplié par l’art à l’infini, avec des variantes qui vont de l’élégance la plus parfaite, jusqu’à un. réalisme plus expressif. Le plus souvent, les seuls signes caractéristiques empruntés à la nature animale sont les glandes charnues du menton, la forme des oreilles, et les petites cornes naissantes. Il est impossible de donner ici une idée, même sommaire, des innombrables monuments qui représentent des Satyres dans les attitudes les plus variées. Nous devons nous borner à en

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