I. — HÉRAKLÈS (HERCULE
Stephani : Der ausruhende Herakles, Saint-Pétersbourg, 1854.
Rien ne ressemble moins au robuste athlète si souvent représenté par l’école de Lysippe que l’Héraklès de l’art primitif. Les xoana du héros thébain le montraient accoutré comme un hoplite grec, armé de toutes pièces. C’est un poète rhodien du vne siècle, Pisandre de Camiros, qui, dans son Hérakléide , retrace le premier l’énergique figure d’Héraklès, telle qu’elle est connue par les monuments de l’art grec archaïque, et donne pour attributs au héros la massue et la peau de lion. Est-ce là une pure création poétique, ou bien le poète de Camiros a-t-il demandé à des monuments orientaux quelques-uns des traits de sa description? Cette seconde hypothèse est la plus vraisemblable. Certaines images du dieu égyptien Bès, représenté comme un personnage trapu, musculeux, vêtu d’une peau de bête, et tenant une lionne 4, ont pu fournir quelques éléments au type de l’Héraklès grec1 2; d’autre part, le Melkarth phénicien, qui emprunte plus tard les traits du héros grec, n’est peut-être pas resté étranger à cette conception plastique. Sans insister sur de simples conjectures, remarquons que le type archaïque d’Héraklès semble fixé après le vne siècle. Sur les métopes les plus anciennes de Sélinonte, il n’a pas encore ses attributs
1. Cf. la statue colossale découverte en Cypre : Galette archéologique, 1879, pl. XXXI.