N. H., XXXVI
monnaies, la Victoire est tournée tantôt vers le dehors, tantôt vers Athéna. La statue récemment découverte,
FIG. 2(7. BOUCLIER STBANGFORB.
(Musée Britannique.)
rapprochée de certaines monnaies de bronze athéniennes, nous autorise à penser que la Victoire était posée obliquement, se dirigeant vers la déesse et se présentant
presque de profil à l’œil du spectateur. Quant à la colonnette qui supporte la main droite, on a peine à croire qu’elle ait existé dans l’original, bien qu’elle soit également reproduite sur un bas-relief surmontant un décret de proxénie1. Phidias aurait-il ajouté à sa statue ce disgracieux appendice? Il est vraisemblable que ce support a été posé après coup, dans une restauration faite postérieurement au ve siècle.
Grâce à Phidias, le type de la déesse est désormais créé dans toute sa noblesse. Les artistes le reproduisent librement; mais certains traits appartiennent en propre à la divinité représentant pour les Grecs la plus haute expression du courage guerrier qui donne la paix, et de l’activité intellectuelle qui la rend féconde. Les plus beaux bustes antiques, comme la Minerve portant le casque aux têtes de bélier, lui prêtent un visage fin et grave, une expression pensive; la chevelure divisée en deux masses, et légèrement ondulée, encadre un front très pur; la bouche est sévère, la tête un peu inclinée. Quant à l’attitude et au costume, ils traduisent par certains détails les deux aspects qui prédominent dans les représentations sculpturales de la déesse. Vêtue de Phimation qui couvre de ses plis le bas du corps et cache à demi l’égide, elle est la Parthe'nos suivant la conception de Phidias; la Minerve au collier, du Louvre, est une de ces nombreuses statues oü l’on a reconnu une réplique lointaine de l’œuvre du maître athénien2. La statue colossale de