APOLLON
Overbeck: Griechische Kunstmythologie , V. Apollon.— k. Feuerbach : Der Vaticanische Apollon , i855. — Stephani \ Apollon Boedromios , 1860. — Wieseler : Der Apollon Stroganoff, 1861. — Cf. l’article de M. de Ronchaud : Apollon , dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines de MM. Daremberg et Saglio. — Sur les plus anciennes représentations d’Apollon, voir l’article de Yischer, dans les Nuove Aîemorie deir Instituto di Corr. archeologica , 1 865, p. 399.
§ I. — TYPE FIGURÉ d’aPOLLON
Le mythe d’Apollon a été pour l’imagination grecque une source infiniment riche de légendes variées et brillantes. Nous n’essayerons pas d’énumérer en détail tous les caractères attribués au dieu, et que traduisent les différentes épithètes ajoutées à son nom. Il suffira de rappeler qu’il est tout d’abord le dieu solaire éclatant de lumière ( Phœbos ), l’archer céleste, dont la puissance est redoutable, mais dont l’action bienfaisante peut aussi éloigner des mortels les maux qui les menacent (Alexikakos). Il est le médecin divin, qui a communiqué sa science à son fils Asclépios, et que les
hommes invoquent comme un dieu secourable (Epicourios). C’est le dieu de l’harmonie, le guide du chœur des Muses, l’inspirateur des poètes, qui peut donner aux hommes le don prophétique. A peine est-il né sous le palmier de Délos qui abrite sa mère Latone, qu’il s’écrie : « Donnez-moi une lyre aux doux sons et un arc recourbé, et mon oracle fera connaître aux humains les véritables desseins de Zeus 1. » Enfin, il est encore le dieu pasteur (Nomios), et le dieu Delphinien, protecteur de la navigation.
Ces attributions multiples ne peuvent être exprimées que par un art déjà fort avancé. Aussi les premières représentations du dieu n’échappent-elles pas au caractère de rudesse naïve qui est le propre de l’art primitif. Apollon Agyieus, considéré comme dieu tutélaire et protecteur des chemins, est figuré à l’origine par un simple pilier conique. Une de ses plus anciennes idoles, celle d’Amyklae, le montrait sous la forme d’une colonne à laquelle on avait ajusté des pieds, une tête coiffée du casque, et des mains tenant l’arc et la lance. A Sparte, on voyait une singulière image du dieu, avec quatre bras et quatre oreilles ; c’est elle sans doute qui se trouvait reproduite sur un bas-relief de Sparte aujourd’hui détruit, et dont Ross a laissé la description : « Le bras droit supérieur tient un bout de vêtement sur l’épaule; l’inférieur une branche d’oliver contre laquelle se dresse un serpent. Le bras gauche supérieur tient un arc ; l’inférieur une coquille plate 2. »