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Decharme, Mythol. de la Grèce antique, p

2. Voir Benndorf : la Nascità di Minerva ; Annali. i865. G. Kaibel : Minerva nascens ; Annali, 1875.

LES DIVINITÉS DU CIEL

la terre rendit un son terrible. » La troisième scène qui montre Athéna déjà née, debout devant rassemblée des dieux, permet de supprimer certains détails qui répugnent

à un art plus avancé. C’est ainsi qu’elle est représentée sur un vase de la collection Feoli, et on imagine volontiers que Phidias s’était inspiré de cette troisième phase du mythe, pour exécuter le fronton oriental du Parthénon.

La dispute d’Athéna et de Poséidon, au sujet del’Attique, était pour les Athéniens un mythe national; elle est souvent reproduite sur les vases peints, les monnaies et les camées; c’était le sujet du fronton occidental du Parthénon. Parmi les monuments conservés, il n’en est pas qui se rapprochent plus étroitement de l’œuvre de Phidias, qu’un beau vase orné de reliefs trouvé à Kertsch1, Athéna, vêtue d’une tunique verte, bran-dit sa lance; Poséidon tient par la bride le cheval qu’il vient de créer et que le jeune Érichthonios va dompter, guidé par la déesse. Entre les branches de l’olivier paraît Niké, souvent associée à Athéna, et qui se confond même avec elle.

Aux principaux attributs de la déesse se rattachent des légendes qui ont, elles aussi, leur cycle figuré. Le Gorgonéion placé sur l’égide est un trophée de la victoire remportée par Athéna sur Méduse, suivant la tradition attique. D’après la version argienne, il lui a été donné par Persée, dont elle a dirigé les coups. Quant au serpent qui s’enroule auprès du bouclier, c’est l’emblème d’Érichthonios, né de la terre après l’attentat qu’Héphaistos essaya d’accomplir sur la déesse. Athéna le recueillit et l’éleva pour le rendre immortel. Dans les scènes figurées retraçant cette légende, la sollicitude d’Athéna pour l’enfant nouveau-né lui prête un caractère presque maternel, qui apparaît déjà dans l’art archaïque. Une plaque de terre cuite estampée des premières années du ve siècle représente la déesse recevant

i. De Witte, Monuments grecs publiés par l’Association des études grecques, i8y5.

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l’enfant, que lui tend Gæa, vue à mi-corps; c’est également le motif d’une statue du musée de Berlin, où Athéna porte Érichthonios dans son égide, avec une expression de profonde tendresse.

Nous ne pouvons signaler ici tous les mythes auxquels la déesse est mêlée; ce cycle est fort vaste. Divinité guerrière, c’est elle qui assiste Héraklès dans ses travaux, comme sur les métopes d’Olympie; elle prend une part active à la lutte des dieux contre les Géants. Personnifiant le génie inventif qui crée les arts, elle imagine la flûte, qu’elle rejette ensuite et dont Marsyas s’empare; c’était le sujet d’un groupe de.Myron, reproduit sur une monnaie et un bas-relief attiques. Suivant les attributions que lui donne la légende, son type lui-même peut subir des modifications. On sait qu’elle est souvent associée à la Victoire, et qu’elle était honorée sous le nom d’Athéna-Niké dans le temple de la Victoire Aptère. Dans ce cas, elle est parfois représentée ailée, ainsi que nous la montrent des monnaies1. Déesse secourable, elle est Athéna-Hygieia. Il est à peine besoin de rappeler l’anecdote d’après laquelle elle indiqua en songe à Périclès le remède qui guérit un ouvrier tombé d’un échafaudage en travaillant aux Propylées. Une statue élevée sur l’Acropole était consacrée à Athéna-Hygieia2. Il est possible qu’on retrouve les traits de la déesse figurée sous cet aspect dans une tête antique ajustée à une statue d’Hygie, au Vatican : elle

1. Imhoof Blumer, Die Flügelgestalten der Athéna und Nike auf Münçen; Numismat. Zeitschrift, 1871.

2. Inscription d’une base de statue, signée Pyrrhos. G. I. A.., n° 335.

porte une stéphané ornée d’un Gorgonéion et de deux serpents. Mais ces variantes, qui s’expliquent par l’extrême subtilité de l’esprit grec, ne sauraient altérer profondément le type classique de la déesse. Dans les monuments appartenant à la pure tradition hellénique, Athéna est toujours la vierge aux traits charmants et sévères, à l’expression méditative; elle est l’idéal parfait qui résume les plus hautes qualités du génie athénien.

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