FIO
APOLLON d'orCHOMÈNE, (Musée «l’Athènes.)
Ion. Ces marbres forment une série déjà nombreuse, et montrent les étapes successivement franchies par Part archaïque pendant la première moitié du vie siècle. Les statues d’Apollon qui accusent la date la plus reculée sont celles de Théra et d’Orchomène, au musée d’Athènes, et celles d'Actium , conservées au Louvre. L’Apollon d’Orchomène , qu’on peut prendre comme exemple, rappelle encore les traits sous lesquels Diodore décrit la statue de bois d’Apollon Pythien, exécutée au vne siècle par les Samiens Théodoros et Téléclès; les mains étendues le long du corps, le dieu est figuré dans l’attitude de la marche; le modelé rappelle encore , par ses plans à arêtes vives, le travail du bois. C’est le type qui est en vigueur vers l’année 565. Bientôt les disciples formés par les maîtres crétois, qui voyagent dans toute la Grèce, vont perfectionner ce type tout à fait primitif, et l’Apollon de Ténéa, en dépit de la raideur du style, montre quels sont les progrès accomplis vers le milieu du vie siècle. Le type des figures d’Orchomène et de Ténéa est aussi bien celui des premières statues d’athlètes que des statues d’Apollon ; aussi a-t-on pu élever des doutes sur le nom qu’il convient de leur attribuer1. Néanmoins le fait qu’on en a trouvé d’analogues à Délos, et que les statues d’Actium proviennent d’un sanctuaire d’Apollon; le témoignage d’une peinture de Pompéi montrant une figure de tous points semblable derrière un autel, comme un monument du culte, per-
i. M. Milchhofer ( Arch . Zeitung , 1881, p. 54), reconnaît dans l’Apollon de Téaéa une statue funéraire.
LES DIVINITÉS DU CIEL
mettent de reconnaître dans la plupart de ces marbres des représentations d’Apollon. Tel que le conçoivent les premiers maîtres doriens, Apollon a les formes robustes d’un athlète; il porte la chevelure longue et peignée avec soin, à l’ancienne mode hellénique. C’est ainsi que le dépeint l’Hymne homérique : « Le dieu était semblable à un homme plein de sève et de vigueur dans l’éclat de la première jeunesse; une chevelure flottante se déroulait sur ses larges épaules1. »
L’art archaïque respecte fidèlement la tradition des écoles primitives. Ainsi la statue d’Apollon exécutée pour le temple de Délos par deux élèves des Crétois, Tektaios et Angélion, et figurée sur une monnaie de bronze d’Athènes, était de tous points conforme au type que nous venons de décrire ; d’une main le. dieu tenait un arc, de l’autre il portait le groupe des trois Kharites2. Mais le monument le plus important pour la période archaïque est la statue faite par Kanakhos, et consacrée dans le temple de Didymes, près de Milet, vers la fin du vie siècle, avant le passage des Perses qui l’emportèrent à Ecbatane ; elle ne fut rendue aux Milésiens qu’au temps de Séleucus Nicator. Plusieurs monnaies de Milet montrent la statue telle que la décrit Pline, tenant l’arc, et portant un faon sur la paume de la main droite étendue. Nous possédons en outre des