IDOLE PRIMITIVE HABILLÉE
(Monnaie de Julia Gordus.)
(Rev. de l’Hist. des religions, article cité) serait tenté d’y reconnaître des monuments du culte, contrairement à l’opinion de M. Foucart, qui les interprète avec vraisemblance comme des bornes sacrées.
i+ MYTHOLOGIE FIGURÉE DE LA GRECE.
Lydie montre une de ces idoles en forme de stèle, habillée de vêtements féminins; la partie supérieure porte un modins, comme si la colonne se terminait par une tête. En raison même de ces origines lointaines, le culte des pierres sacrées s’est imposé avec une singulière persistance à la piété des Grecs. Au temps de Lucien, ces antiques simulacres avaient encore leurs dévots. Le rhéteur de Samosate raille la superstition aveugle de ceux qui prient devant des pierres arrosées d’huile et ornées de couronnes i.
Lorsque l’art essaye de reproduire la figure humaine, il commence à dégrossir les images informes dont nous venons de parler. Les premières idoles qui cessent d’être de simples fétiches, et où apparaît un rudiment de forme humaine, sont les xoana (Çoava). Taillés dans le bois, le plus souvent, ces rudes et grossiers simulacres méritent à peine au début le nom de statues : ils dérivent du pilier et de la colonne, où une main inexpérimentée cherche à indiquer les principaux traits du corps humain.
On s’explique facilement que la technique propre au travail du bois ait favorisé ces premiers essais. Les poutres à peine dégrossies, les idoles taillées à la hache dans l’épaisseur d’une planche, comme la Héra primitive des Samiens, conduisent naturellement aux xoana; ces madriers se prêtaient mieux que le marbre aux efforts d'un ciseau inhabile 2. Le modeste sculpteur trouvait là une matière moins rebelle pour figurer ces têtes aplaties,