Heuzey. Acad, des inscr
brutes une forme régulière, encore que fort rudimentaire. La pierre taillée en cône paraît être une transformation du bétyle. Zeus et Héra sont ainsi figurés sur des monnaies de Pile de Céos; et le témoignage des monnaies de Cypre, où l’Aphrodite-Astarté (Aschthârth) de Paphos est représentée sous la forme d'une pierre conique, prouve que les Hellènes empruntaient encore ces simulacres du culte aux pays syro-phéniciens. D’autres fois, et sans qu’il soit possible d’ttablir un ordre chronologique entre ces diverses transformations, la pierre affecte la forme pyramidale, ou bien elle s’allonge et s’effile, et devient une colonne ou un pilier. A Sicyone, la plus ancienne image de Zeus Meilikhios était une pyramide; celle d’Artémis Patrôa une colonne. Telle était aussi la forme de l’ancienne Héra argienne. On retrouve peut-être une allusion à ces antiques représentations de la déesse dans une peinture de Pompéi, qui montre des Éros et une Psyché sacrifiant devant une colonne, à laquelle sont attachés un bandeau (ou stéphané) et un sceptre. Dans certains pays, en Arcadie, par exemple, les pierres sacrées présentaient souvent l’apparence de piliers à quatre faces ou de cippes tétragonaux. Sur un vase peint, dans une scène de sacrifice, Zeus est figuré par un pilier carré, posant sur un soubassement, et portant l’inscription AI02 : c’est sous cette forme que Pausanias vit à Tégée un simulacre de Zeus Téleios L
i. Pausanias : VIII, 48, 4. On a trouvé en Grèce, à plusieurs reprises,despierres calcairesà peine dégrossies portant, en caractères archaïques, des noms de divinités : Aiô; Kepauvoù, ‘F.pp.avo;, etc. {Bulletin de Corresp. hellénique, 1878, p. 5 1 5). M. Fr. Lenorman
FORMATION DES TYPES FIGURÉS
Avec les progrès de l’art, on ajoute à ces piliers des attributs caractéristiques, une tête, des bras, des emblèmes phalliques; c’est l’origine de l’hermès, sorte de cippe surmonté d’une ou de plusieurs têtes, qu’on plaçait comme poteau indicateur à l’entrée des rues et des carrefours, et qui avait un caractère sacré. Si plus tard ces monuments furent étroitement liés au culte d’Hermès, c’est par une équivoque de langage, qui rapprocha le nom de ces bornes (epp.a) de celui du dieu. Cette forme de monument , qui n’est pas incompatible avec une exécution très soignée de la tête surmontant l’hermès, s’est conservée pendant toute l’antiquité classique. Aux premiers siècles
de notre ère, les éphèbes dédient encore à leurs cosmètes des hermès supportant les bustes de ces personnages.
Qu’ils eussent la forme d’un cône, d’une colonne, ou d’un pilier quadrangulaire, ces antiques simulacres restèrent longtemps l’objet de la vénération des fidèles. On les entourait de bandelettes; on les enduisait d’huile parfumée. Parfois même on les habillait; recouverts de longs vêtements, ils offraient une grossière apparence de forme humaine. Une monnaie de Julia Gordus en