I. TYPE FIGURÉ D’HERMES
La forme primitive attribuée par Part au fils de Zeus et de Maïa est née, semble-t-il, d’une équivoque de langage. Les piliers de bois ou de pierre qui servaient de bornes et de poteaux indicateurs au coin des carrefours portaient le nom d 'hermès, et étaient considérés comme des images du dieu; c’est un véritable jeu de mots sur le terme grec eptta (borne) et le nom d’Hermès (*EpM.etaç) . D’abord grossièrement taillés, les hermès prirent par la suite une forme plus régulière, celle d'un bloc quadrangulaire, portant des emblèmes phalliques et terminé par une ou plusieurs têtes. A coup sûr, cette forme de l’hermès ne fut pas exclusivement réservée au fils de Maïa ; on a retrouvé à Athènes des hermès à
ii 6 MYTHOLOGIE FIGUREE DE LA GRECE.
figures féminines, et sur certains vases peints, c’est Dionysos qui est ainsi représenté. Mais dans le plus grand nombre des cas, on peut, avec Gerhard1, reconnaître les traits d’Hermès dans la figure barbue qui surmonte le pilier quadrangulaire; la barbe est longue, terminée en pointe ; la chevelure est serrée par une bandelette ; quelquefois la tète est coiffée du pétase, et le caducée est figuré sur un des montants du pilier. Ces images étaient populaires à Athènes ; le quartier où on les fabriquait et ou étaient groupés les ateliers des marbriers portait le nom d 'Hermogly plies. Les hermès se dressaient au coin des rues, dans les palestres, dans les gymnases. Ils avaient leurs dévots; les peintures de vases nous montrent des personnages passant devant un hermès et faisant le geste de l’adoration; c’est ainsi qu’aujourd’hui le Grec se signe devant la moindre chapelle de la Panaghia. Sur d’autres peintures, on voit auprès de l’hermès de petits tableaux peints accrochés au mur ; ce sont des ex-voto consacrés par la piété des fidèles. On comprend dès lors l’émotion causée dans Athènes par la mutilation des hermès à la veille de l’expédition de Sicile : c’était une profanation religieuse. Si ces monuments conservent le souvenir d’une des attributions primitives du dieu, celle d’ày/iTWp, ou divinité protectrice des voyageurs, ils n’appartiennent pas nécessairement à l’art archaïque. Les hermès sont de toutes les époques; c’est dans les monuments d’un autre ordre qu’il faut chercher le développement du type plastique d’Hermès.
Jusque vers le milieu du ve siècle, Hermès est repré-
i. Gerhard : Über Hermenbilder, loc. cit.
LES DIVINITES DU CIEL
sente comme un homme fait, dans tout l’épanouissement de sa force. Les formes du corps sont robustes. La chevelure, ceinte d’une bandelette, est réunie en