FIG. 42. HERMÈS
(D’après un vase peint.)
masse sur la nuque suivant l’ancienne mode grecque, et deux boucles, se détachant des tempes, pendent sur les épaules. La barbe longue, soigneusement peignée, s’effile en forme de coin; on s’explique l’épithète de c<py)-
u8 MYTHOLOGIE FIGUREE t>Ë LA GRÈCÈ.
voTTtoyciiv (à la barbe pointue) qui est parfois attribuée à Hermès. Le dieu, vêtu d’un chiton et d’une chlamyde, est coiffé d’un pilos de Feutre, ou de la wm, sorte de chapeau à bords très courts; il tient le caducée, ou kérykéion, qui se compose primitivement d’une baguette terminée par deux rameaux entrelacés. Sur les plus anciens monuments, il ne porte d’ailettes qu’aux pieds. Les peintures de vases lui prêtent des bottines à ailes recoquillées, semblables de tous points aux chaussures des génies ailés, tels que Niké ou Eris : ce sont les « belles chaussures » (xaX& raSiXa) dont parlent les poèmes homériques, « chaussures dorées, qui le portent soit sur l’élément humide, soit sur la terre immense, soit sur le souffle du vent1 ».
Tels sont les traits généraux que reproduisent les monuments de l’art archaïque. Les textes seuls nous font connaître une statue d’Hermès exécutée par Onatas d’Egine et par Callitélès, et consacrée par les Phénéens à Olympie; elle offrait sans doute le type que nous avons décrit, avec une particularité qui répond à un des surnoms d’Hermès. Le dieu était figuré vêtu, coiffé de la xuvT), et portant un bélier sous le bras : c’était l’Hermès criophore. Kalamis avait traité le même sujet pour les Tanagréens, mais avec une variante qui est par la suite souvent reproduite par l’art : une monnaie de Tanagra nous montre l’Hermès du maître athénien portant le bélier sur les épaules, et le tenant par les pattes. Grâce à ce témoignage, on a pu reconnaître une imitation de l’œuvre de Kalamis dans une statuette de la collection
i. Iliade : XXIV, 340 et suiv.
Les divinités bü ciël. itv
Pembroke, à Wiltonhouse, et sur un autel d’Athènes, orné de bas-reliefs, oü le type du dieu est déjà d’une
grande finesse. Ces représentations font allusion au caractère pastoral d’Hermès, considéré comme le dieu protecteur des troupeaux. Il accompagne au contraire
des divinités, comme dieu pompaioSj sur les bas-reliefs du Louvre, découverts par M. Miller dans Pile deTha-
FIG. + + . HERMÈS CRIOPHORE.
(Bas-relief décorant un autel. Athènes.)
sos. Vêtu de la chlamyde courte, et coiffé du pilos de feutre à forme conique, il escorte les Kharites; le type du visage est fin, les formes sont sveltes, mais l’ajuste-
LES DIVINITES DU CIEL
ment de la coiffure et la barbe pointue trahissent encore le style archaïque. Les bas-reliefs de Thasos nous mon-
AA ax -CoUijnon .
fl<i. HERMÈS ET E’UNE DES KHARITES.
(Bas-relief de Thasos. Louvre.)
trent sous quels traits Part figure Hermès dans la première moitié du ve siècle.
Après la guerre du Péloponnèse, la nouvelle école
attique modifie profondément le type d’Hermès. Éprise de grâce et d’élégance, elle lui prête les formes élancées de la jeunesse, un visage imberbe, une chevelure courte et bouclée; les traits respirent la finesse; les membres dénotent l’agilité et la vigueur. Le dieu qui préside aux exercices du gymnase devient l’idéal parfait de l’éphèbe 'grec. Ses statues ornent les palestres, et les jeunes gens ont pour lui un culte tout particulier. « Hermès est un dieu », dit une inscription éphébique, « et il a toujours été cher aux éphèbes 1 ». N’est-c'e pas en effet dans le personnage d’Hermès que l’esprit grec résume quelques-unes des plus précieuses qualités de la race hellénique : le génie inventif, l’intelligence alerte, la vigueur physique développée et assouplie par l’éducation de la palestre ?
Ge nouveau type d’Hermès nous est connu par une œuvre capitale, appartenant au ive siècle; c’est la statue de Praxitèle, trouvée à Olympie, et représentant Hermès portant Dionysos enfant 2. Le dieu est nu, suivant la tradition qui prévaut dans l’art grec à partir du ive siècle; il a dépouillé la chlamyde, négligemment jetée sur le tronc d’arbre qui sert de soutien; le visage, aux yeux un peu enfoncés, à la bouche petite, a une expression souriante et fine. L’attitude est celle qu’on retrouve fréquemment dans les œuvres de Praxitèle et de Lysippe : le poids du corps porte sur une jambe, et détermine le mouvement ondulé des lignes de la silhouette. Dans la période suivante, l’art multipliera les