ET ORPHÉE
(Bas-relief du musée de Naples.)
transactions sociales (ayopaîoç), Hermès est figuré avec
t jo MYTHOLOGIE FIGURÉE DE LA GRÈCË.
le caducée d’un main, et une bourse de l’autre. Une statue, trouvée récemment à Ægion1, le représente avec ces attributs ; on connaissait déjà cette conception artistique, grâce à des statues du Louvre et du palais Altemps, et à des bronzes du Musée Britannique et du Cabinet de Paris. Toutefois il importe de remarquer que ce type se développe assez tard et sous l’influence d’idées qui s’écartent de la pure tradition grecque. La statue d’Ægion, comme la plupart des bronzes conservés dans nos musées, est de l’époque romaine; elle se ressent des modifications que le génie pratique des Romains a fait subir à la physionomie morale de l’Hermès grec. Le Mercure romain, adoré en Italie et dans les Gaules2, est surtout le dieu du négoce, cher aux marchands, qui ornent leurs boutiques de ses statuettes. A Rome, un temple et une fontaine lui étaient consacrés près de la porte Capène. Avec une ironie légère, Ovide montre des marchands faisant leurs dévotions près de la fontaine sacrée, et suppliant le dieu d’absoudre leurs tromperies3, « En entendant ces vœux, Mercure se met à rire, se rappelant qu’il a, lui aussi, dérobé les bœufs d’Ortygie. » Mais ce dieu, à qui le poète romain prête tant de bienveillance pour l’improbité, n’a plus qu’un rapport lointain avec l’Hermès hellénique.
1. Korte : Mittheilungen des deutsch. Arch. Inst., 1878, pl. V. L’article énumère les statues qu’on peut rapprocher du marbre d’Ægion ; p. 98.
2. On connaît un beau bronze trouvé à Lyon. Braun : Kunstmythologie, pl. 96.