Bulletin de Corr. hellénique , t. III, pl. I
MG. J. — ~ IMITATION EN MARliRE d'un XOANON d'artemis (trouvée à Délos).
i6 MYTHOLOGIE FIGURÉE DE LA GRÈCE.
à deux montants verticaux, et la tête « à une pyramide tronquée dont on aurait effacé et adouci les arêtes 1. » Sans le secours de l’inscription gravée sur la statue, la nature de la divinité qu’elle représente resterait une énigme.
Il est difficile de déterminer la durée de la période pendant laquelle les sculpteurs sur bois ont exécuté des xoana. Ce qui est certain, c’est que les Grecs discernaient dans ces statues des caractères d’antiquité relative. Les plus anciennes étaient antérieures au légendaire Dédale, et se reconnaissaient à leur attitude rigide. La tradition religieuse leur prêtait une origine surnaturelle : elles étaient tombées du ciel, ou bien, comme le xoanon d’Héraklès à Erythres, elles étaient arrivées par mer,- et avaient d’elles-mêmes abordé au rivage après les plus étranges aventures. Grâce à Dédale, les statues de bois commencent à revêtir quelques apparences de vie; elles ont les yeux ouverts, les jambes et les bras détachés du corps; leur attitude est souvent celle de personnes en marche. L’art respecte longtemps ces formes dans les représentations figurées des dieux. A une époque qui est déjà historique , Théodoros et Télèclès font pour les Samiens un xoanon d’Apollon Pythien ; Diodore ajoute que les deux maîtres de Samos suivaient les règles d’un canon , à la façon des statuaires égyptiens, et purent ainsi exécuter séparément les deux parties de la statue 2 . On comprend sans peine qu’un art astreint à des formules aussi étroites, imbu du respect des traditions religieuses,