‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 8 sur 152 · Diodore de Sicile, I · texte numérisé non relu

Diodore de Sicile, I

FORMATION DES TYPES FIGURÉS

ne se dégage que lentement. Aussi les anciennes statues de marbre représentant des dieux, telles que l’Apollon d’Orchomène et celui de Théra, se ressentent encore de la gaucherie et de la raideur des statues de bois. C’est seulement par l’étude de la nature, dans les représentations d’athlètes, que l’art arrivera au degré de souplesse nécessaire pour traduire les formes si variées des dieux helléniques.

Les monuments d’un art plus avancé ne firent jamais oublier à la piété des fidèles les informes xoana. Les statues de bois restèrent, pendant toute l’antiquité grecque, les simulacres les plus vénérés des temples. Nous savons, par le témoignage des auteurs et des inscriptions, quel culte leur était rendu *. On les dorait, on les peignait de couleurs vives; on les habillait de riches étoffes. La garde-robe de la Héra de Samos, dont une inscription nous a conservé l’inventaire, comprenait des bijoux, des mitres, des tuniques 2. A Athènes, Artémis Brauronienne possédait des manteaux, des tuniques de fine étoffe d’Amorgos, des voiles aux riches couleurs 3; c’étaient des offrandes faites par les fidèles. D’autres fois, les offrandes consistaient en fleurs, en couronnes, sous lesquelles disparaissait la statue. Le xoanon d’Ilithyie, à Athènes, était entièrement couvert de branches de myrté, apportées par les femmes athéniennes.

1. Voir J. Martha, Les Sacerdoces athéniens, ch. iv, § 2; Fonctions diaconales des prêtres.

2. C. Curtius : Inschriften und Studien %ur Geschichte von Samos, p. 10, n° 6.

3. Corp. Inscr. grœc., 1 5 5, et Ancient Greek Inscr. in the British Muséum, I, n° 34.

Si profond que fût le respect inspiré par ces antiques statues, il n’était pas interdit de le concilier avec les exigences nouvelles de l’art. L’usage des statues acro -

ïithes répond à cette préoccupation. 11 arrivait en effet qu’on ajustait au xoanon une tête, des mains, et des pieds en marbre ; le corps de bois restait caché sous les vêtements ; de la sorte, la statue offrait un aspect plus agréable à l’œil, sans rien perdre pour les dévots de son antiquité vénérable. C’est ainsi que les xoana dorés des Kharites , en Elidé, avaient été rajeunis par ce procédé. Mais parfois la divinité s’opposait à ces retouches indiscrètes. Pausanias raconte que la prêtresse d’Hilaïra et Phœbé, à Sparte, ayant fait changer la tête d’une des deux statues, fut avertie en songe de laisser l’autre intacte h

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