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(Musée de Naples.)
où elle est groupée avec d’autres personnages. La sculpture, on le sait déjà, lui donne souvent Éros pour compagnon. On connaît aussi des groupes de marbre où la déesse est associée à Arès, suivant une tradition fort ancienne qui réunit les deux divinités. Déjà, sur le coffre de Kypsélos, on voyait Arès armé entraînant Aphrodite, et sur le vase François, sur une coupe de Sosias du beau style sévère, elle est également rapprochée du dieu de la guerre. Mais c’est surtout à l’époque romaine que les sculpteurs représentent Vénus Victrix enlaçant Mars de ses bras, comme dans le groupe de lavilla Borghèse. Il est fort vraisemblable que la fréquence de ces représentations doit être attribuée à la faveur toute particulière dont le culte des deux divinités jouit dans la famille impériale des Jules1 2. Le groupe est reproduit sur des monnaies de l’époque impériale, et on sait qu’Auguste avait dédié à Mars Vengeur un temple, dont la décoration sculpturale comportait sans doute un motif analogue.
La légende du jugement de Paris, les amours d’Aphrodite et du jeune dieu syrien Adonis, offrent aussi aux artistes des sujets dont ils s’emparent. D’innombrables peintures de vases montrent Aphrodite, Héra et Athéna conduites par Hermès devant Pâris, vêtu du costume phrygien, qui doit décerner le prix de la beauté3. Quant à la légende d’Adonis, elle est surtout représentée sur
1. Voir Helbig : Untersuchungen iiber die Camp. Wandmalerei, p. 26.
2. Voir en particulier la kylix de Brygos (de Witte : Annal i
delV Inst., 1 856) et celle de Hiéron, dont nous reproduisons plus loin un fragment : Fig. 61.
LES DIVINITÉS DU CIEL
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des monuments d’une date récente, tels que les vases italiotes et les bas-reliefs des sarcophages romains. Il est à peine besoin de rappeler l’intérêt mystique qui s’attachait au culte du jeune dieu, aimé d’Aphrodite et mourant en pleine jeunesse, percé par les défenses d’un sanglier. La fête des Adonia, chère surtout aux femmes, se célébrait dans beaucoup de pays grecs, et nous savons, par le témoignage de Théocrite, avec quelle pompe on accomplissait ces rites à Alexandrie1. Il est naturel que ce mythe, d’origine orientale, ait fourni des sujets de décoration pour les sarcophages de l’empire romain : c’est le moment où le mysticisme croissant fait prévaloir le goût pour les symboles funèbres et pour les allusions à la vie future. Mais on ne connaît aucune statue d’Adonis de la belle époque grecque.
Au contraire, la peinture céramique du meilleur temps trouve dans la représentation du cortège d’Aphrodite une source inépuisable de gracieuses fantaisies. Autour de la déesse, se groupent des divinités secondaires, dont les noms expriment les sentiments à la fois indécis et pleins de charme qu’éveille la puissance mystérieuse d’Aphrodite. Sur un vase attique d’une exquise élégance, et rehaussé de dorures2, la déesse est entourée d’un groupe de jeunes femmes tenant des fruits et des bijoux C’est Paidia, qui personnifie les gais propos; Peitho, la déesse de la persuasion; Eunomia, Eudaimonia, dont les noms un peu vagues font allusion à l’harmonie et au bonheur que fait naître la
i Théocrite : Idylle, XV.