Michaelis : Arch. Zeitung, 1880, p. i
i$a MYTHOLOGIE FIGURÉE DE LA GRÈCE.
prête à recevoir l’huile parfumée que lui verse Eros; c’est le rôle qui paraît dévolu au compagnon ordinaire de la déesse, dans le groupe Cavaccepi. La statue du musée de Naples, provenant de l’ancienne collection Farnése, que nous reproduisons, et la belle statue du Louvre, trouvée à Vienne en Dauphiné, appartiennent au même ordre de représentations, qui semble avoir été connu dès la période alexandrine : un artiste du temps des Diadoques, Daedalos, avait traité ce sujet1. Ailleurs, la déesse dénoue ses sandales, ou bien elle tord ses cheveux encore humides; c’est ainsi que la montre une statue de la collection Torlonia 2. Est-il besoin de rappeler qu’Apelles avait ainsi conçu le type de son Anadyomène, dans le tableau fameux qu’on voyait à l’Asclépieion de Cos? Le peintre faisait allusion au vieux mythe de la naissance d’Aphrodite sortant des flots. Ces représentations en marbre appartiennent surtout à la dernière période de l’art grec, alors que le sentiment religieux a fait place au scepticisme, et que les artistes, n’ajoutant plus rien au type idéal de la déesse, se bornent à imaginer mille variantes ingénieuses au motif créé par le génie de Praxitèle.
Il est impossible d’énumérer en détail les scènes figurées auxquelles Aphrodite est mêlée, et les représentations
1 . Peut-être a-t-il été connu plus tôt. Voir une pierre gravée du meilleur style du ive siècle, représentant Aphrodite accroupie. Stephani, Compte rendu de la Commission Arch. de Saint-Pétersbourg, 1870-1871, pl. IV, 24.