‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 91 sur 152 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Si les phénomènes célestes avaient provoqué dans l’esprit des Grecs une riche éclosion de mythes, la vue de la mer n’agit pas moins sur leur vive imagination. Peuple de marins, ils étaient avec elle en contact incessant. C’est grâce à elle que leur civilisation s’était développée; c’est à elle que l’industrie naissante de leurs artistes primitifs emprunte ses motifs de décoration ; les potiers d’Ialysos, les orfèvres de Mycènes reproduisent sur les vases ou sur les bijoux des poulpes, des octapodes, des formes diverses d’animaux marins. De bonne heure, cette facilité puissante qui transforme en êtres divins les forces naturelles avait dû s’exercer chez les Hellènes en face du spectacle infiniment varié de la mer. Les teintes brillantes qu’elle revêt en Orient, sous une chaude lumière, ses nuances fuyantes, ses agitations capricieuses, et jusqu’à l’écume blanche de

ses vagues, étaient autant de manifestations de la nature divine. Nous n’avons pas à rechercher ici si les mythes marins ne relèvent que de l'esprit grec, ni s’ils trahissent des emprunts aux mythologies orientales. On se bornera à étudier par quelles formes plastiques l’art traduisait les conceptions poétiques et religieuses qu’avait éveillées chez les Hellènes la contemplation de la mer.

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